Dans un contexte de pandémie mondiale, où les structures hospitalières sont au-devant de la scène, les hôpitaux algériens ont été secoués, ces derniers jours, par de nombreuses polémiques, notamment à travers des images diffusées au niveau des réseaux sociaux qui dénoncent une mauvaise gestion engendrant des manques de moyens, ajoutés aux multiples appels de détresse du personnel médical.

Dans ce contexte, Zoubir Rekik, Directeur de l’hôpital Nafissa-Hamoud (ex-Parnet) d’Hussein Dey, a assuré que «tous les moyens effectifs et opérationnels sont mobilisés pour traiter tous les malades de la Covid-19». Toutefois, il reconnaît qu’il est plus qu’urgent de revoir les modalités de gestion des hôpitaux en Algérie, estimant que «le système de contractualisation peut être salutaire pour l’avenir de la santé et d’aller vers l’humanisation de nos infrastructures hospitalières».
S’exprimant, hier, à l’émission «l’Invité de la Rédaction» de la Chaîne III de la Radio algérienne, Zoubir Rekik précise à ce sujet que la véritable problématique est une question de système de gestion, en rappelant que l’hôpital est un établissement public à caractère administratif soumis aux mêmes règles qu’une mairie. Il s’exclame ainsi : «Est-ce que vous trouvez que c’est logique de gérer une structure qui assure les urgences médicales 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 heures avec la même comptabilité que celle qui gère une mairie ?» Illustrant ses propos, en donnant l’exemple que pour un gestionnaire d’hôpital, la commande d’un respirateur passe impérativement par les modalités d’appels d’offres qui, dans les meilleurs délais, peuvent prendre trois mois pour son acquisition. Il souligne à ce sujet : «Nous avons toujours revendiqué, en tant que gestionnaires, un statut spécifique pour les hôpitaux. Ceci en passant à une comptabilité analytique de contractuel et à un système de contact performances. C’est à partir de là que l’on pourra évaluer et arriver à une gestion performante des hôpitaux publics.»
L’intervenant a salué à ce sujet la démarche des hautes autorités qui ont instruit les walis d’accompagner, faciliter et dégager un budget spécial pour acquérir des équipements spécifiques aux urgences. Annonçant que le wali d’Alger s’est engagé pour trouver les moyens de doter l’hôpital d’Hussein Dey en équipements médicaux, qui relèvent des urgences, tels que les respirateurs et l’automate du PCR.

Cent lits dont 16 en réanimation dédiés aux malades de la Covid
Au cours d’une récente rencontre du ministre de la Santé avec l’ensemble des responsables des hôpitaux du pays, décision a été prise de mobiliser plus de 50% de lits au niveau de chacune de ces structures et de prendre les devants en multipliant les moyens de lutte pour assister les malades. Le Directeur de l’hôpital Parnet annonce ainsi la mise en place de 100 lits dédiés aux malades Covid-19, dont 16 ont été réservés à la réanimation.
Il ajoute qu’en plus de la literie, des mesures sont prises pour garantir des stocks d’équipements constitués de réactifs, d’appareils d’anesthésie, de respirateurs et de consommables, dont les moyens de protection pour le personnel médical. En plus des personnes traitées au sein de l’hôpital, un suivi médical a été assuré à 240 malades en ambulatoire. Ils ont bénéficié d’un contrôle à distance et de l’ensemble du protocole thérapeutique que nécessite leur état. Toutefois, même si tous les moyens ont été déployés au niveau de son infrastructure, «il ne peut présager du nombre de malades que son hôpital aura éventuellement à recevoir». Estimant que «tous ces moyens, aussi efficaces qu’ils peuvent être, devraient également être appuyés d’un strict respect par tous les citoyens des mesures de confinement et de gestes barrières, dont le port du masque et le lavage des mains».
Il précise aussi que le suivi des autres malades continue d’être assuré, affirmant qu’«il n’a jamais été question d’abandonner le reste des activités médico-chirurgicales, dont les urgences et autres activités de base comme le service cardiologique, gynécologique et pédiatrique qui sont des services sacrés car ces malades ne peuvent pas attendre».

«La vidéo du mort-né est une fabrication de toutes pièces»
Par ailleurs, concernant la récente vidéo choquante, qui circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, d’un mort-né placé dans un réfrigérateur d’une salle de la maternité de l’hôpital qu’il gère, le Directeur de l’hôpital affirme que le service incriminé dans cette vidéo est un des services les plus connus des hôpitaux d’Alger pour la qualité des soins et le dévouement du personnel hospitalier. Il a affirmé qu’«après vérification, il a été établi que c’est une pure fabrication». Expliquant que «c’est une jeune parturiente et son mari, atteints tous deux de la Covid, hospitalisés au niveau de notre hôpital, à qui on assure une bonne prise en charge, qui ont monté tout cela de toutes pièces. L’enquête est en cours et des poursuites judiciaires sont engagées». Il tient à souligner à ce sujet que «ce n’est pas une telle vidéo qui va démotiver le personnel, bien que l’on n’a pas apprécié, d’autant plus que notre service est un des plus anciens et des plus connus pour son dévouement sur la place d’Alger». n