En se fiant au communiqué de la Présidence de la République, publié à l’issue de la réunion du Conseil des ministres d’avant-hier, il est intéressant d’en tirer quelques «lectures». Ces dernières ne concernent pas les décisions prises par Abdelmadjid Tebboune, mais celles en relation avec la spécificité de la rencontre.
Le zoom préconisé ici est d’autant important qu’il concerne le premier Conseil des ministres depuis le remaniement gouvernemental, effectué le 21 février dernier. Une semaine après ce mini-changement, deux jours après les manifestations du vendredi, présentées comme le «retour du Hirak», la rencontre à El-Mouradia s’est donc déroulée sous la houlette du Président Tebboune.
Comme il fallait s’y attendre, aucun nouveau ministre n’a fait d’intervention lors de ce Conseil, ce qui est tout à fait logique. Exactement cinq membres du gouvernement, en plus du Premier ministre, ont été «auditionnés». Par ordre de «comparution» (selon le communiqué de la Présidence), il s’agissait de Kamel Beldjoud, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, de Kamel Rezig, du Commerce, Abderrahmane Benbouzid, Santé, Lotfi Benbahmad, Industrie pharmaceutique, et Sid-Ahmed Ferroukhi, Pêche.
L’intervention du Président Tebboune, après les cinq exposés, était axée sur huit «orientations». Cinq (ce qui est encore une fois logique) concernaient les secteurs des ministres cités plus haut. Par contre, les trois autres «orientations» du Président étaient en relation avec des départements dont les premiers responsables, présents à la réunion du Conseil, n’ont pas fait d’interventions (en se fiant toujours au communiqué d’El-Mouradia). Les trois secteurs touchés sont le Tourisme, les Travaux publics et la Culture. Les deux premiers ont, depuis le dernier remaniement, de nouveaux «patrons». Mohamed Ali Boughazi à la tête du ministère du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial, et Kamel Nasri, à celui des Travaux publics et des Transports. Finalement, Malika Bendouda, ministre de la Culture et des Arts, est le seul membre du gouvernement qui n’a pas fait d’intervention, et dont le secteur a été cité parmi les huit «orientations» d’Abdelmadjid Tebboune. Erreur de «casting» ? Omission ? Ce qui est sûr, c’est loin de valoriser le travail de la ministre, décriée par les acteurs du secteur, pour qui son maintien dans le gouvernement Djerad III était une grande surprise.