Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé, hier, que les décisions de mettre fin aux fonctions d’un certain nombre de responsables locaux, représentent «le début» d’un processus consistant à exiger des comptes à ceux qui ont fait montre de «passivité» en matière de prise en charge des préoccupations et des problèmes des citoyens dans les zones d’ombre.
«Des décisions partielles ont été prises (…) pour mettre fin aux fonctions de certains responsables locaux. Il ne s’agit que d’un début, car nous tiendrons pour responsables tous ceux qui ne parviennent pas à prendre en charge et résoudre les problèmes des citoyens», a affirmé le président de la République dans une allocution prononcée à l’ouverture de la rencontre Gouvernement-Walis.
Dans ce sens, il s’est dit «ne pas comprendre qu’en 2020 et malgré le mouvement du Hirak béni et toutes les décisions prises par l’Etat pour soulager le quotidien des citoyens, des images horribles, dont se plaignaient les citoyens ces dernières années, demeurent encore». A ce propos, il a estimé que ces comportements constituent «une continuation du discours négatif prôné par la bande».
Limogeage de responsables pour «abus de confiance» et «malversation»
Pour rappel, le président de la République avait signé le 8 août en cours des décrets portant fin de fonctions de plusieurs chefs de daïras et suspension pour enquête de nombre de présidents d’Assemblée populaire communale (P/APC) suite à des enquêtes sur le terrain pour «abus de confiance» et «malversation» dans réalisation de projets tracés dans les zones d’ombre. Il s’agit de Nadia Nabi, chef de la Daïra d’Ouled Ben Abdelkader à Chlef, Mahmoud Gherib, chef la Daïra de Feidh El Botma à Djelfa, Redha Khidher, chef de la Daïra d’Es-Senia à Oran, Fethi Belmostafa, chef de la Daïra de Remka à Relizane. La décision de suspension des P/APC concernent le P/APC de Sidi Chahmi (daïra d’Es-Senia, wilaya d’Oran, le P/APC de Souk El Had dans la daïra de Ramka, wilaya de Relizane, le P/APC de Ouled Ben Abdelkader de la wilaya de Chlef et le P/APC de Oum Laadham dans la daïra de Feidh El Botma, Wilaya de Djelfa. Les P/APC en question seront soumis à des enquêtes pour ces agissements nuisant aux citoyens et pour non-réalisation de projets tracés en faveur de Zones d’ombre.
Dans le même sillage, il a été mis fin aux fonctions des responsables des subdivisions de l’Habitat et des Travaux publics dans les daïras de Ouled Ben Abdelkader à Chlef, Feidh El Botma à Djelfa et Ouled Derradj à M’sila. De même qu’il a été mis fin aux fonctions du premier responsable de la subdivision des Ressources en eau dans la daïra de Ramka à Relizane. Pour rappel, le président de la République Abdelmadjid Tebboune avait affirmé, au mois de février dernier à l’occasion d’un Conseil des ministres, qu’il ne tolérera jamais «des images humiliantes de citoyens vivant encore au Moyen-Age». Le Chef de l’Etat avait alors instruit le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, ainsi que les autres ministres concernés, de trouver une solution aux zones d’ombre enclavées pour leur assurer les services nécessaires en termes d’eau, d’électricité et de routes. <