L’Algérie, dorénavant 37e pays sur les 55 que compte le continent africain, a ratifié officiellement son entrée dans la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) comme paru dans le Journal Officiel n°36.

Par Bouzid Chalabi
Ce qui en soit « est une très bonne nouvelle », juge le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal) Ali Bey Nasri. Ce dernier, approché par Reporters hier dimanche, explique dans ce sens : « Il ne restera donc plus qu’à déposer les instruments de cette ratification à Kigali pour que nos opérateurs puissent, dans un premier temps, ne payer que 20 % de droits de douanes des pays destinataires, comme le stipule le règlement relatif audit accord ». Ce dernier insiste sur le fait que « nombreux sont les opérateurs nationaux qui attendaient impatiemment cette ratification, synonyme pour eux de véritable feu vert dans la recherche d’opportunités d’exportation vers des pays africains qui, jusqu’ici, leur étaient inaccessibles ».
Des opérateurs contactés par nos soins se joignent à dire que « c’est là un grand pas qui vient d’être franchi dans le sens où les produits algériens auront un plus large éventail de marché à l’export avec un niveau de qualité appréciable, et des parts de marché importantes que nous comptons gagner. Et ainsi autant le pays que ses entreprises n’en seront que gagnants ». Il faut dire aussi qu’à travers la ratification de l’accord de la Zlecaf, le libre-échange entre les pays signataires va sans aucun doute s’accélérer. En effet, parmi les objectifs spécifiques de l’accord figurent entre autres l’élimination progressive des barrières tarifaires et non-tarifaires au commerce de marchandises, la libéralisation progressive du commerce des services et, en matière d’investissement, de droit de propriété intellectuelle et de politique de concurrence. Toujours dans ce même registre, il importe de savoir que cela va permettre aux Etats faisant partie de la Zlecaf de coopérer dans tous les domaines liés au commerce, au régime douanier et surtout dans la mise en œuvre des mesures de facilitations des échanges. Mais pas seulement puisqu’il sera permis d’établir un mécanisme de règlement des différends concernant les droits des pays signataires qui auront chacun obligation d’établir et de maintenir un cadre institutionnel de mise en oeuvre et de gestion de la zone.
Il convient de savoir par ailleurs que ledit accord portant sur la création de la ZLecaf, signé dans la capitale du Rwanda, Kigali, en 2018, vise à créer un marché unique pour les marchandises et les services, facilité par la circulation des personnes afin d’approfondir l’intégration économique du continent africain et conformément à la vision panafricaine d’une « Afrique intégrée, prospère et pacifique » telle qu’énoncée dans l’Agenda 2063.
Rappelons enfin que les pays signataires de l’accord se rejoignent dans l’idée qu’au vu des enjeux économiques mondiaux, « le salut des pays africains réside en grande partie dans l’intensification des relations commerciales intra-africaines. C’est d’ailleurs ce qu’ils ont attesté dans un communiqué commun, à l’issue de leur réunion à Alger en 2018, tout en souhaitant que la mise en œuvre de la zone de libre-échange doit s’accélérer. Autrement dit, vite dépasser de manière significative les volumes d’échanges actuels très en deçà des attentes des pays du continent.