Dans cet entretien, le président de la Fédération des auto-écoles dément l’information selon laquelle le prix du permis de conduire sera augmenté à 50 000 DA. Selon lui, la Fédération a soumis des propositions au ministère des Transports pour l’unification des prix. Quant au permis à points, M. Aoudia nous révèle que son application est prévue en août. 


Reporters : Des informations circulent ces derniers jours faisant état de la hausse du prix du permis de conduire qui passera à 50 000 DA. Sachant que la décision vise à satisfaire les gérants d’auto-école qui se plaignent, depuis des années, de la faiblesse des tarifs. Est-ce que vous confirmez cette information ?
Zineddine Aoudia : Non, les auto-écoles n’ont aucune intention pour l’instant d’augmenter les tarifs du permis de conduire. Pourquoi ? Parce que nous attendons tout simplement l’application du nouveau programme de formation, dont nos propositions dans ce sens sont entre les mains du ministère des Transports pour étude. Justement, dans ce nouveau programme nous avons proposé au ministère d’unifier les prix, car nous avons constaté que ça devient un business. Chaque auto-école pratique le prix qui l’arrange. Nous avons donc insisté sur l’unification du prix pour les auto-écoles au niveau national afin de mieux organiser l’activité en l’éloignant des pratiques purement commerciales. Le permis de conduire coûte, aujourd’hui, entre 8 000 DA et 35 000 DA.
Outre le prix du permis de conduire, quelles sont les autres propositions que vous avez soumises au ministère ?
Il y a un autre point important, à nos yeux, celui de la durée de la formation. Nous avons proposé à ce qu’elle soit ramenée à 55 heures pour chaque candidat. Il faut savoir que cette proposition, qui date de 2008, est parmi les revendications principales de la fédération. Actuellement, le volume horaire est de 30 heures. J’explique. Le volume horaire de ce programme consacre 25 heures aux cours théoriques et 30 heures à la pratique. Notre objectif est de diminuer de 20 à 30% les accidents de la circulation. On a proposé également de diminuer le nombre d’examen par mois à deux au lieu de quatre. Même cas pour le nombre de candidats. On veut que celui qui a un seul véhicule prenne en charge 15 candidats par mois au lieu de 30. Toutes ces mesures ont un objectif, celui de réorganiser l’activité des auto-écoles. Et avec l’application de ce nouveau programme, l’obtention du permis de conduire se fera en trois mois et non en 40 jours comme actuellement. On attend toujours la validation de ce programme et on appelle, à l’occasion, le ministère à accélérer les choses en espérant que ce sera fait le plus tôt possible afin de le mettre en application. Je reconnais que le ministère nous a ouvert les portes et nous a écoutés. Mais je dirais seulement que ce nouveau programme ne nécessite même pas un décret ou de passer par les deux chambres. Le ministre pourrait envoyer une note aux auto-écoles pour son application.

Le projet de loi relative à l’organisation et à la sécurité de la circulation routière a été adopté dernièrement par l’Assemblée populaire nationale (APN). Ce texte prévoit notamment l’instauration du système du permis à points et le durcissement des sanctions contre les contrevenants. Est-ce que les auto-écoles sont prêtes pour son application ?

Il faut savoir que l’application officielle du permis à points est prévue pour le mois d’août. La Fédération des auto-écoles a également soumis des propositions concernant l’application du permis à points au ministère du Transport. Concernant la sensibilisation des auto-écoles, on a procédé, le 31 décembre dernier lors du conseil national de la fédération, à distribuer une copie des règlements de ce nouveau permis à points aux représentants de 32 wilayas pour former les candidats à ce sujet. On continue toujours à sensibiliser les autres wilayas. Il faut savoir que ce nouveau système permet le retrait des points selon un barème qui distingue 4 degrés de contraventions qui nécessitent un retrait de 1 à 6 points selon leur nature et 10 points retirés en cas de délit. En cas de retrait de tous les points, le permis de conduire devient invalide et son titulaire est tenu de le remettre aux services habilités du ministère de l’Intérieur. La durée de suspension du permis varie selon la nature de ces délits. Concernant les sanctions, la loi va vers le durcissement et les amendes forfaitaires ont été revues à la hausse.