Des centaines d’enseignants au Zimbabwe sont restés chez eux lundi, jour de la reprise des cours après six mois de confinement imposé par l’épidémie de Covid-19, laissant en plan de nombreux élèves, ont constaté des journalistes de l’AFP. Ils réclament des salaires revalorisés, dans un pays à l’économie sinistrée où l’inflation dépasse les 700%. Avec un salaire équivalent à 40 dollars par mois, ils ne peuvent même pas se payer le transport pour aller travailler, a souligné leur syndicat. Au lycée Warren Park, dans une banlieue ouvrière à l’ouest de Harare, des dizaines d’élèves traînaient dans l’entrée lundi matin, attendant en vain l’arrivée de leurs profs. Idem à l’école primaire d’Avondale, une banlieue privilégiée où les petits jouaient dans la cour. Les écoles publiques rouvraient lundi en vue des examens de fin d’année. Mais la plupart des enseignants «ne sont pas venus», a affirmé à l’AFP Raymond Majongwe, secrétaire général d’un des plus importants syndicats du pays, l’Union progressiste des enseignants du Zimbabwe. Les profs luttent «pour survivre», pas seulement pour se rendre sur leur lieu de travail, et beaucoup ne peuvent pas eux-même envoyer leurs enfants à l’école, a-t-il précisé. Ils sont passés d’un salaire mensuel de près de 500 euros par mois il y a deux ans, à moins de 35 euros mensuels aujourd’hui, en raison d’une inflation délirante, selon M. Majongwe. «C’est insultant. Les enseignants ont perdu leur rang dans la société. C’est une malédiction d’être prof», a-t-il ajouté.