Les 27 opposants arrêtés dans le sillage des violences postélectorales, après l’annonce de la victoire du président sortant Emmerson Mnangagwa, ont été remis en liberté provisoire. Ces opposants avaient été arrêtés lors de la perquisition par la police des locaux du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition).

Le procureur Michael Reza, qui représente l’Etat, avait demandé la prolongation de la détention des 27 prévenus. «La mort de six personnes, les voitures brûlées, sont directement liées aux accusés», avait-il estimé. Les juges ne l’ont pas suivi: les prévenus, qui réfutent les accusations de «violence sur la voie publique», ont été remis en liberté provisoire. Ils doivent payer 50 dollars (43 euros) et ils repasseront devant un juge le 4 septembre, a précisé à l’AFP un de leurs avocats Denford Halimani, «très content» de la décision.

«Nous leur avons conseillé de rester discrets (…). Ce système est basé sur le harcèlement», a-t-il ajouté. Les chefs de mission au Zimbabwe de l’Union européenne, des Etats-Unis, de la Suisse et du Canada ont, dans, une déclaration commune, fait part de leur «grave inquiétude quant à l’éruption de violence et des sérieuses violations des droits de l’Homme». Ils «pressent le gouvernement de respecter les droits des Zimbabwéens» et «saluent l’engagement pris par le président de former une commission d’enquête indépendante» sur le sujet.

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé l’intensification de la «répression» dans le pays, accusant «les forces de sécurité et des hommes armés non identifiés» de «frapper et harceler une multitude de personnes». «Le respect des Droits de l’homme et de règles démocratiques promis par le président Mnangagwa s’est évaporé. Son administration doit agir rapidement pour revenir» dans le droit chemin, a ajouté HRW.

Dans des déclarations publiées mardi par le journal pro-gouvernemental The Herald, Le président Mnangagwa a répété que «l’élection a été libre, juste, et transparente». Une source de l’opposition avait indiqué qu’elle saisirait mardi la justice pour invalider le scrutin. Il a ensuite exhorté les Zimbabwéens à oublier la politique au profit de l’économie, dans un pays où près de trois quarts des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et où le chômage atteint 90% de la population active.

«Les élections sont derrière nous (…), nous devons maintenant nous concentrer sur la modernisation de notre économie, faire croitre notre économie ensemble. Ceux qui ont voté pour moi, ceux qui ont contre moi… Le Zimbabwe est à nous ensemble», a martelé le président.