Quand le bâtiment va, tout va, paraît-il. Cette fois, et depuis les marches initiées par la population, des milliers d’entreprises de construction ont mis la clé sous le paillasson. Le bâtiment ne va pas bien, donc. Fissuré, il a fait encore des victimes collatérales, tout droit dans le sillage des revendications de la vox populi, mais, et surtout, de l’anarchie et des règlements de compte qui sont devenus les plus fidèles compagnons des manufactures privées ou publiques.
L’eau de Youkous ne coulant plus de source, les travailleurs de l’entreprise ont essayé d’avancer des pions face à un patron intransigeant, un ponte de la wilaya de Tébessa. Ce dernier n’a pas eu besoin d’une débauche intellectuelle pour engager un dialogue, puisque ses agents de sécurité s’en sont chargés en tirant à balles réelles sur les contestataires. Une affaire qui n’a pas fait de bruit, curieusement, en tout cas, moins que celui des balles adressées comme accusé de réception aux doléances exprimées.
Dans la même wilaya, les mines de fer et de phosphate ont enregistré une perte sèche de plus d’un milliard de dinars suite aux débrayages des personnels de Boukhadra, Ouenza et Djebel Onk. Là aussi, des revendications salariales sont brandies en face des responsables d’entreprises publiques qui jugeront les grèves illégales, mais verseront quand même les salaires du mois d’avril et… une prime d’encouragement. Par ricochet, d’autres firmes comme Sider, et bien d’autres, seront affectées par l’absence des matières premières qui sont restées dans les roches des mines de la wilaya de Tébessa. Tout comme resteront en suspens plusieurs questions cruciales à Sonelgaz, puisque l’entreprise numéro 2 en Algérie se trouve sans dirigeant depuis la promotion de Mohamed Arkab comme ministre de l’Energie. Il y a eu, bien sûr, la nomination de M. Douida comme intérimaire, mais sans décret, et sachant que son poste précédent n’était que chef de cabinet du P-DG de Sonelgaz. Des sources de Télemly restent dubitatives quant à la possibilité de ce dernier à gérer une boîte comme l’ex-EGA. Les observateurs restent aussi circonspects, car Bensalah avait été aussi prompt à dégommer Ould Kaddour de la présidence de Sonatrach qu’à nommer son successeur. On susurre du côté du ministère de l’Energie que le poste de ministre étant actuellement synonyme de siège éjectable, on garderait alors la place de P-DG de Arkab bien au chaud pour un retour prochain.
Le déficit commercial qui semble adopter définitivement la négation ne plaide aucunement pour une relance d’une économie qu’on peine à remettre sur rails, et le Ramadhan, ennemi intime de la productivité chez les travailleurs, n’arrangera sûrement pas les choses.