A travers les Aurès, dans les communes et bourgades de la région, tout le monde se prépare au nouvel an berbère, Yennayer, ou yennar dans les Aurès. D’ailleurs, à Batna, et en particulier à l’université, au Théâtre régional et à la Maison de la culture, un riche programme a été concocté justement par le mouvement associatif et le Haut-Commissariat à l’amazighité qui s’étalera sur toute une semaine.

A Souk Ahras et Aïn Beïda (Oum El Bouaghi), des activités culturelles ont été programmées. D’ailleurs, à Souk Ahras, des conférences seront consacrées à des ouvrages traduits de la langue maternelle à l’arabe.
Ainsi, un riche programme d’activités culturelles célébrant le premier anniversaire de l’officialisation de Yennayer, comme fête nationale, est concocté. Pour ce faire, il est préconisé la concrétisation d’une convention de partenariat avec l’université d’Adrar pour introduire une spécialité au département d’histoire, afin de mettre à profit les documents et manuscrits ayant trait à la dimension amazighe.
Tinhinane, une jeune étudiante en médecine, souligne l’importance de cette fête, en indiquant que « Yennayer est aujourd’hui une fête officielle. Les Algériens dans leur ensemble vont ressentir l’impact de cette fête qui va les replacer dans leur histoire millénaire ». Pour elle, « c’est un retour aux sources et un rendez-vous avec l’histoire ». Paroles d’une grande sagesse d’une jeune algérienne qui a entendu parler du combat identitaire, alors qu’elle n’était pas encore née. C’est ainsi, le fruit d’un combat profite toujours aux nouvelles générations qui doivent en prendre soin.
Idem pour d’autres jeunes de la commune de Merouana (Batna) qui se préparent pour cette fête. En effet, aucun ne veut la rater. De même à Ngaous, à Tkout, Thagouth, Imine Toub, Inoughissen et au sud des Aurès dans la wilaya de Biskra, plus exactement dans la commune de Mziraa, où on prépare une immense fête où des noms de grands chanteurs chaouis prendront part, à l’exemple du pionnier de la chanson militante Mihoub qui animera la soirée.
Legs, culture, histoire, loin de la folklorisation
Les organisateurs des différentes manifestations, qui prennent de l’ampleur et de l’importance d’année en année, à l’exemple de Thifsouine à Menaâ ou Thamenzou Nyanar à Tkout, ont appris et su rectifier le tir, pour certes garder un côté festif mais aussi et surtout mettre en exergue le savoir-faire des ancêtres, leur amour pour la nature et la terre, en particulier, et remettre au goût l’esprit du partage, de l’entraide et de l’échange. « Tout ça a été transmis grâce à une culture orale, que nous ne devons point juger, encore moins condamner, mais se mettre vite à transcrire, ce que préconisent plusieurs chercheurs, enseignants de tamazight. Mais aussi beaucoup de jeunes étudiants au département de langue et culture amazighes à Batna, dont plusieurs consacrent leur mémoire de fin d’études à des recherches dans la sphère de la culture, histoire, rituel et autres pratiques amazigh », nous informe Nahali Djamel, chef du même département, qui rappelle que la langue maternelle, « est un maillon des plus importants dans notre identité ».
Rendez-vous est pris avec le nouvel an berbère 2969 qui coïncide avec le 12 janvier 2019, sachant que la caravane initiée par le Haut-commissariat à l’amazighité prend le départ le 8 janvier de Laghouat. n