Les rebelles au Yémen ont revendiqué dimanche les tirs contre l’Arabie saoudite voisine et menacé ce pays de nouvelles attaques, dans un contexte de recrudescence des violences sur le sol yéménite.

Pays voisin du Yémen, l’Arabie saoudite est à la tête d’une coalition militaire qui appuie le gouvernement yéménite dans la guerre qu’il mène depuis 2014 contre les rebelles Houthis soutenus par l’Iran chiite, grand rival régional du royaume saoudien sunnite. Samedi, les forces de défense aériennes ont déjoué une attaque au missile contre Ryad et intercepté des drones lancés par les Houthis contre le sud du royaume, ont indiqué les autorités. Des fragments du missile sont tombés sur plusieurs quartiers de Ryad, endommageant au moins une maison, mais sans faire de victime, selon la télévision publique saoudienne Al-Ekhbariya. «L’opération a été menée avec un missile balistique et 15 drones», a affirmé le porte-parole des Houthis, Yahya al-Saree, cité par la chaîne rebelle Al-Massirah à Sanaa. Elle a «visé des zones sensibles de la capitale Ryad ennemie» et «des cibles militaires à Abha et dans la ville garnison de Khamis Mushait» (sud). «Nos opérations continueront tant que l’agression et le siège de notre pays continueront», a averti le porte-parole, en prévenant les habitants de la région sud du royaume, frontalière du Yémen, de s’éloigner «de tout site ou aéroport militaires».
L’attaque des Houthis a coïncidé avec la tenue dans une banlieue de Ryad du championnat de Formule E. Samedi, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) a participé à une étape de ce championnat selon les médias d’Etat. Il s’agissait de la première apparition en public du prince héritier depuis que les Etats-Unis l’ont accusé vendredi d’avoir «validé» l’assassinat en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consultat de son pays à Istanbul. Ces dernières semaines, les Houthis ont multiplié les attaques contre le royaume saoudien et intensifié le combat contre les forces gouvernementales dans la province pétrolière de Marib, dans le nord du Yémen. Après une forte baisse des combats pendant des mois, les rebelles sont repartis le 8 février à l’assaut de Marib, dernier bastion loyaliste dans le Nord situé à 120 km à l’est de la capitale Sanaa. La bataille fait rage dans la province. Samedi, au moins 50 combattants y sont morts dans les affrontements acharnés au lendemain d’un bilan plus lourd de 60 morts, selon des sources gouvernementales. Les forces loyalistes bénéficient de l’aide de l’armée de l’air saoudienne qui bombarde les positions des Houthis pour les empêcher d’avancer à Marib. Plus à l’ouest, dans la ville clé de Hodeida aux mains des rebelles, cinq civils dont un enfant ont été tués dimanche dans la chute d’un obus sur leur maison, les belligérants s’accusant mutuellement d’être responsable de cette attaque.

Conférence des donateurs lundi
Les Nations unies se sont inquiétées le mois dernier d’une recrudescence des combats dans la région de Hodeida, par où transite l’essentiel des importations alimentaires du pays et de l’aide humanitaire. L’escalade des violences intervient dans un contexte jugé un temps apaisant en raison de la nouvelle politique américaine au Yémen de l’administration de Joe Biden.
Ce dernier a décidé de mettre fin à son soutien à Ryad dans cette guerre et de retirer les Houthis de la liste des «organisations terroristes» pour ne pas entraver selon lui l’acheminement de l’aide humanitaire dans les territoires qu’ils contrôlent. Le conflit au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, a été déclenché en 2014 par une vaste offensive des Houthis qui se sont emparés de larges pans du territoire, y compris de la capitale Sanaa qu’ils contrôlent toujours. La guerre a plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU, et fait des dizaines de milliers de morts, d’après des ONG internationales, sans oublier les millions de déplacés et une population au bord de la famine.
Une conférence de donateurs organisée lundi par l’ONU va tenter de lever 3,85 milliards de dollars (3,19 milliards d’euros) d’aide à la population du Yémen.
(AFP)