Les rebelles Houthis du Yémen se sont dit «prêts» mercredi à faciliter l’inspection par une mission de l’ONU du pétrolier Safer abandonné en mer Rouge et qui menace de provoquer une marée noire, niant y mettre des obstacles comme le signale l’ONU. «Il n’y a aucun problème et on ne veut pas retarder», l’inspection, fixée à début mars, a déclaré à l’AFP à Sanaa Ahmed Darès qui fait office de «ministre du Pétrole» dans l’administration des rebelles. «Nous sommes prêts pour l’opération de maintenance», a-t-il insisté, alors que l’inspection du navire traîne depuis des années entre demandes d’accès de l’ONU et refus des Houthis. Mardi, le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a indiqué dans un communiqué que l’organisation avait déjà engagé 3,35 millions de dollars pour l’opération mais qu’elle attendait toujours une lettre des Houthis sur des «garanties de sécurité». «Nous regrettons qu’à ce jour, nous n’ayons pas reçu de réponse à nos multiples demandes pour cette lettre, dont l’absence augmenterait le coût de la mission de centaines de milliers de dollars», a-t-il déclaré. «Nous sommes également très préoccupés par les indications selon lesquelles les autorités (des Houthis) envisagent une +révision+ de leur approbation formelle du déploiement de la mission», a-t-il dit. Mais M. Darès a affirmé catégoriquement qu’«il n’y a rien de nouveau» et que son administration «n’a été notifié de rien de neuf». «Nous demandons d’«exécuter cette mission et nous n’y posons aucun obstacle», a-t-il insisté. Vieux d’environ 45 ans et contenant 1,1 million de barils de brut, le FSO Safer est ancré depuis 2015 au large du port de Hodeida (ouest), à une soixante de km des premières zones habitées dans le pays en guerre depuis 2014. Une fuite pourrait affecter des pays riverains, notamment Djibouti, l’Erythrée et l’Arabie saoudite, ainsi que le trafic maritime commercial en mer Rouge. Une marée noire pourrait détruire les écosystèmes de cette mer, faire fermer le port vital de Hodeida pendant six mois et exposer plus de 8,4 millions de personnes à des niveaux élevés de polluants, selon des études indépendantes. n