Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a accusé l’envoyé spécial de l’ONU au Yémen de prendre le parti des rebelles Houthis combattus par ses troupes depuis 2014, dans une lettre adressée au secrétaire général de l’organisation. Dans ce texte dont l’AFP a obtenu une copie vendredi, le président Hadi indique donner «une dernière chance» à l’envoyé spécial Martin Griffiths pour mettre en œuvre un accord négocié sous l’égide de l’ONU en décembre en Suède entre les belligérants yéménites. La guerre au Yémen oppose les forces progouvernementales, appuyées depuis 2015 par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, aux rebelles Houthis soutenus par l’Iran et qui contrôlent notamment la capitale Sanaâ. Un des points de l’accord stipulait le retrait des rebelles des ports de Hodeida, Salif et Ras Issa, dans l’ouest du pays. L’ONU avait fait état le
14 mai du retrait des Houthis de ces ports mais les forces loyalistes avaient dénoncé une «manipulation», accusant les rebelles d’en remettre le contrôle à des gardes-côtes qui leur sont favorables. Exilé à Riyad depuis 2015, Abd Rabbo Mansour Hadi a accusé M. Griffiths de permettre aux rebelles de rester dans la ville de Hodeida et notamment dans son port, crucial pour les importations et l’aide humanitaire. «Je ne peux plus accepter ces affronts de votre envoyé spécial qui menacent les chances de trouver une solution (durable)», a-t-il affirmé dans sa lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Le 16 mai, Martin Griffiths avait averti le Conseil de sécurité de l’ONU qu’en dépit du désengagement rebelle, le Yémen risquait toujours de sombrer dans une guerre totale. Le gouvernement yéménite et les Houthis doivent poursuivre le redéploiement des forces dans l’ouest et retourner à la table des négociations pour un accord plus large, avait-il déclaré. Le conflit au Yémen a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’assistance, selon l’ONU.