Alger, terre d’accueil et de partage. Alger dans le regard et les perceptions de l’Autre est le thème d’une résidence de création qui réunit un photographe et écrivain, depuis le 1er et jusqu’au 15 février prochain à la villa Dar Abdeltif. Cette résidence a pour but la création d’un livre de photographies de Francesco Gattoni accompagnées de textes de Yahia Belaskri.

Alger a été et continue d’être une source d’inspiration. Lumineuse, objet de convoitise, de fascination, d’admiration, Alger est une ville-muse. Alger comme terre d’accueil est le thème d’une résidence de création, qu’organise depuis le 1er et jusqu’au 15 février 2017, l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), avec l’écrivain Yahia Belaskri et le photographe italien Francesco Gattoni, et ce, à la villa Dar Abdellatif (El Hamma, Alger). Cette résidence a pour but la création d’un ouvrage photographique : «Il s’agira d’évoquer Alger, la ville qui reçoit. Au-delà de cela, c’est Alger qui accueille, héberge, accepte et assimile l’Autre», peut-on lire dans le communiqué de l’AARC. Les organisateurs ajoutent que cette résidence de création permettra à la fois de «traiter d’Alger sous un angle différent, saisir par la photo et les mots, les femmes et les hommes étrangers qui y résident ou de passage, ceux venus d’ailleurs, leur donner voix pour évoquer la ville». Francesco Gattoni se consacrera à la partie photographique de l’ouvrage, alors que Yahia Belaskri s’occupera de la partie de l’écriture. Dans son communiqué, l’AARC explique le postulat de départ et rappelle que «nombre de peintres, photographes, poètes et romanciers ont pris Alger pour objet pour l’approcher, la séduire peut-être, la sublimer si ce n’est dresser d’elle un portrait dithyrambique et ceci est une bonne chose». Cependant, ces dernières années, et malgré sa beauté, Alger est devenue «l’expression d’une ville – et par conséquent d’un pays – qu’on quitte. Les flots de harragas qui se sont succédé au cours des années n’ont fait qu’enraciner cette image d’une ville d’où l’on part». Le pari ou le parti-pris du photographe Francesco Gattoni et de Yahia Belaskri sera donc d’évoquer «la ville qui reçoit». Une ville hospitalière, accueillante car ce sont des principes «enracinés dans la culture». «La ville, blanche peut-être, verte aussi, par les jardins qui essaiment ses quartiers. Bleue surtout par la mer blanche du milieu qui lèche ses abords et que l’on découvre, ici et là, par des brèches de l’urbanisme». Au-delà de ces aspects géographiques, sociaux et culturels, l’accent sera mis sur Alger terre d’accueil, qui «accepte et assimile l’Autre, celui venu de loin ou de plus près : Marocain ou Tunisien, Sub-saharien de passage dans le cours de sa migration, l’Européen ou le Chinois y travaillant, le Portugais ou l’Espagnol en mission, et bien d’autres». Il sera ainsi question de saisir par l’image et par le mot la vie dans la ville, la vie à Alger. Il y a lieu de souligner, enfin, que Dar Abdeltif est un palais datant du XVIIIe siècle. Classé monument historique en 1967, il a été restauré et il abrite actuellement le siège de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC). Plusieurs artistes et écrivains y ont séjournés, ces dernières années, pour des résidences d’écriture et de création, à l’exemple de Faïza Guène, Nora Hamdi ou encore Ibrahima Aya. La villa Dar Abdeltif accueille également des concerts, des rencontres ainsi que des expositions.