Même si le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie la Pologne n’est pas à la hauteur des relations bilatérales, avec juste 600 millions de dollars pour l’année dernière, les deux pays affichent une grande détermination à aller de l’avant et impulser à leur coopération une nouvelle dynamique.

Les opportunités ne manquent pas, comme l’ont rappelé les différents responsables ayant pris part hier à la journée d’affaires tenue au siège de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie. Mais quelques entraves peuvent freiner cette dynamique souhaitée. Interrogé à l’issue de cette rencontre, l’ambassadeur polonais à Alger, Witold Spirydowicz dira que «la règle d’investissement  51/49  bloque nombre d’investisseurs», ajoutant que «c’est un véritable obstacle. J’espère que ça changera à l’avenir». À propos de l’Algérie, l’ambassadeur dira «que c’est un pays prioritaire pour la Pologne dans le continent africain», qui «n’a pas perdu intérêt à renforcer sa présence sur le marché algérien». Pour sa part, Rafal Wyrozumski, conseiller chargé des affaires économiques au niveau de l’ambassade, fait part de chiffres annonciateurs de la place de la Pologne au sein de l’Union européenne qu’elle a rejoint en 2004, citant, pour 2017, des exportations agricoles à hauteur de 27 milliards d’euros, dont 80% sont destinés au marché européen, ainsi qu’une production laitière de 13 milliards de litres pour la même année. Dans son intervention, il affirme qu’outre les produits connus, la Pologne est fortement intéressée par la datte et l’huile d’olive algériennes. Quant à Ouahiba Behloul, première responsable de la Caci, elle indique que la Pologne est un marché qui intéresse l’Algérie, et précise en termes de chiffres que le volume des échanges économiques se situe à 600 millions de dollars pour l’année 2017, dont 400 millions Usd d’importations. Quant aux deux premiers mois de l’année en cours, les échanges ont dépassé les 30 millions Usd. Il y a lieu de préciser que les représentants de la chambre polonaise d’industrie et du commerce se rendront à Alger les 22 et 23 avril en vue d’approfondir les discussions et de chercher ensemble les meilleures pistes d’investissement et de coopération.  Rappelant que l’Algérie est en pleine phase de changement, les mutations profondes ont suivi. Mme Behloul précise que «notre pays ne représente pas un marché, mais une terre d’investissement». Dans le même sillage, Amour Riad, premier vice-président de la Caci rappelle de prime abord la transition réussie de la Pologne, indiquant que les deux pays aspirent à des relations de partenariat solides. Pour lui, des complémentarités existent entre les deux économies. À l’adresse des investisseurs polonais, il les invite à saisir les opportunités qu’offre le marché algérien, notamment dans l’agriculture, l’élevage, la production laitière. À ce sujet, il souligne qu’un avis d’appel d’offres est lancé pour les firmes pilotes, précisant que les entreprises algériennes sélectionnées peuvent nouer des partenariats même avec des pays étrangers. Rappelant la décision gouvernementale de limiter les importations et de favoriser la production nationale, M. Ammour précise que ce «n’est pas une interdiction, ni une décision empreinte d’un esprit protectionniste,  mais une manière de gérer les ressources financières».