PAR NAZIM BRAHIMI
Le week-end qui s’achève aura été animé politiquement. Il y a, d’une part, la poursuite des rencontres du président Tebboune avec les acteurs politiques et associatifs, dans le cadre de son offre de «rassemblement». Il y a, d’autre part, l’activité politique strictement partisane qui a vu des formations mettre leur mise à jour organique.
C’est le cas du RCD, qui a organisé, vendredi et samedi derniers, ses 6es Assises avec, à l’ordre du jour, l’élection d’un nouveau président à la tête du parti. Un rendez-vous qui a vu le parti élire son président, le troisième depuis sa création en 1989. Jil Jadid prépare, lui aussi, son congrès prévu vers la fin du mois.
L’activité présidentielle dans le registre qui a trait aux consultations politiques a été marquée par la rencontre, jeudi, de M. Tebboune avec une délégation du Front des forces socialistes (FFS). Dans sa déclaration au sortir de l’audience, le premier secrétaire du FFS, Youcef Aouchiche, a indiqué que le FFS demeure «fidèle à ses principes fondateurs de dialogue constructif et d’opposition responsable». Il a fait remarquer, par la même occasion, que sa formation politique «ne ratait aucune occasion qui lui est offerte pour exprimer son attachement au projet d’édification nationale sur la base de la démocratie et de la participation effective de toutes les composantes de la société». Il a affirmé que la rencontre des responsable du FFS avec le chef de l’Etat a permis de «passer en revue plusieurs points essentiels», citant notamment «les initiatives du parti pour un consensus national sur la base d’un dialogue inclusif» pour le traitement de toutes les questions nationales, politiques et socioéconomiques.
Pour le Premier secrétaire, il «importe aujourd’hui d’initier des mécanismes susceptibles de redonner confiance aux Algériens pour participer au processus d’édification nationale et faire face à tous les dangers qui guettent le pays». Le fait majeur à relever dans ce registre, le FFS ne s’oppose pas à la démarche de Tebboune. Mais il n’est pas, cependant, prêt à signer un chèque en blanc, puisque sa délégation a fait part au chef de l’Etat de certains préalables à satisfaire de la part du pouvoir politique. Il s’agit notamment de signes d’apaisement, notamment la libération des détenus d’opinion et l’ouverture des champs politique et médiatique, appelant les autorités politiques à faire preuve d’une «volonté politique réelle pour changer un système qui a été incapable de faire face aux défis qui s’imposent à notre pays». La direction du FFS a informé, hier, avoir souligné au cours de son échange avec le président de la République «l’urgence de restaurer la confiance entre les citoyens et les gouvernants, en prenant des mesures fortes d’apaisement et d’ouverture. Entre autres, l’ouverture des champs politique et médiatique, la libération des détenus d’opinion, l’abrogation de l’arsenal juridique répressif, la fin au recours arbitraire et systématique à la détention préventive et le respect des libertés individuelles et collectives». Elle a indiqué avoir insisté sur l’impératif de «donner toutes ses chances à une solution politique consensuelle et garantir le droit à l’organisation et l’expression pacifiques», réitérant, dans un autre chapitre, son «attachement indéfectible au caractère social de l’Etat. Elle a alerté sur les risques que pourrait engendrer une révision précipitée du système des subventions et sur les répercussions qu’elle pourrait avoir sur les couches les plus défavorisées de notre population». L’opinion publique aura ainsi noté que les mesures d’apaisement et de détente constituent un préalable pour le rétablissement de la confiance entre le citoyen et les institutions et l’amorce d’un véritable dialogue inclusif tel que souhaité par le chef de l’Etat.
Pour le FFS, la notion de confiance est «fondamentale» dans tout processus de construction nationale, considérant que les «gestions autoritaires et unilatérales des affaires du pays depuis l’Indépendance, les promesses non tenues, les échecs à répétition ont mis à mal cette notion qui constitue désormais le point de rupture entre le pouvoir et la société».
Par ailleurs, et s’agissant des rendez-vous organiques des formations politiques, c’est le parti de Jil Jadid qui prépare également son congrès, le deuxième de rang. Après avoir tenu, le 25 février 2017, son premier congrès ordinaire et adopté son projet de société, Jil Jadid tiendra, les 24 et 25 juin, son deuxième congrès, qui reconduira, selon toute vraisemblance, Soufiane Djilali à la tête du parti dans un contexte marqué par l’activisme de cette formation qui, en dépit de ses scores faibles à l’occasion des élections, tente de produire du sens et de la réflexion dans ses positions.
En perspective de ce congrès, le Conseil politique du parti, réuni le 6 mai dernier, a adopté les avant-projets d’amendements des statuts ainsi que le texte définissant la stratégie du parti, présentés par la Commission Préparatoire du 2e Congrès. Cette dernière avait été installée lors du Conseil national du 25 décembre 2021 et avait mené de larges consultations avec l’ensemble des militants à travers le pays, selon un communiqué du parti, qui a noté que ces documents ont été présentés pour débat et adoption lors du Conseil national du 14 mai en vue de leur approbation par les congressistes. n