L’épisode neigeux, qui a surpris les Sétifiens par cette arrivée intempestive de l’hiver en plein mois de printemps a, encore une fois, mis à nu les tares de la gestion de nos villes par les édiles et autres services censés être présents à tout moment et veiller à la sécurité des citoyens et qui étaient aux abonnés absents.

Les 15 à 20 cm de neige tombée, durant les nuits de mercredi à jeudi et de samedi à dimanche, ont empêché toute circulation dans le centre de la ville ce qui a obligé de nombreux automobilistes à se déplacer à pied laissant leurs véhicules de peur de dérapage et autres difficultés.
Ce qui est surprenant, c’est la lenteur dans les interventions des agents des communes qui n’ont même pas essayé de libérer la route principale (nationale 05) à l’entrée Est du chef-lieu de wilaya, ce qui aurait pu aider à réduire un tant soit peu la pression. Les seuls axes ouverts à la circulation, dès le matin, étaient ceux ceinturant la ville et menant vers l’autoroute Est/Ouest qui l’ont été non pas, suite à l’intervention des chasse-neige de la commune, mais plutôt grâce à la témérité des conducteurs de bus, camions et autres véhicules qui ont fini par faire fondre la neige sur leur chemin. La petite pluie fine, qui était tombée durant la matinée a, aussi, aidé à dégager les axes en faisant fondre la neige.

Le 1055, numéro vert de la gendarmerie nationale, lui aussi, aux abonnés absents
Surpris par la neige qui a commencé à tomber vers 20 h, puis a recouvert, durant la nuit, la ville de son manteau blanc, avant de prendre le départ nous avons essayé d’obtenir des informations sur l’état des routes. Bien sûr, pour nous la chose était dite et nous avons, aussitôt, pensé au 1055, le Numéro vert de la gendarmerie. Une tentative, malheureusement, qui s’est avérée vaine puisque de 7h du matin à 8 h, nous n’avons eu aucune réponse à nos appels, rien à l’horizon et le stress qui monte. Alors, «la patience est mère de sureté», dit l’adage populaire. Nous tentons le Numéro vert de la police… Bingo le préposé répond, tout de suite, et nous déconseille de bouger car, dit-il, la wilaya de Sétif est bloquée, l’autoroute probablement praticable, mais difficile côté Setif, Bordj Bou Arréridj n’est, apparemment, pas concernée par la neige. L’agent était fort aimable, surtout quand on lui explique qu’il s’agit d’une femme qui veut prendre la route vers Alger. Alors là, il est catégorique : il ne faut, surtout, pas bouger avant la fin de la matinée, car les risques d’être bloquée ne sont pas à écarter à l’heure qu’il était c’est-à-dire 8/9h. Curiosité journalistique oblige, nous décidons de joindre, par téléphone, la protection civile sur le numéro vert 17. Deux sonneries et l’agent nous répond qu’il était préférable de ne pas s’aventurer, si tôt, car les axes routiers, explique-t-il, ne sont toujours pas dégagés. Avec un style, typiquement sétifien, il exprima sa surprise en apprenant qu’une femme voulait prendre, seule, la route en ces temps de météo capricieuse. Il répliqua « hanni rouhek » quelque chose comme « laisse tomber, va !!! Cette réplique, non seulement, nous sa mais, surtout, nous touchat par sa spontanéité. Et, pour être encore plus convaincant, il nous raconta que des automobilistes étaient restés bloqués la nuit sur les routes et ont eu la chance d’être secourus par des agents de la protection civile. Alors, il a fallu prendre des risques pour quitter le centre-ville vers 11 heures qui n’a, toujours pas, fait l’objet de déblayage pendant que les élus, le chef de daïra et autres responsables de la wilaya étaient, peut-être, encore au chaud chez eux ou dans leurs bureaux à l’abri en attendant que Dame nature fasse le travail. Ce qui fut fait, en fin de journée, nous apprend un coup de fil, où les trombes d’eau, suite à la fonte de la neige, s’engouffraient dans les canaux de récupération des eaux.

Faute de gestes citoyens, oû sont les responsables de l’ADE ?
A propos d’eau, nous ne terminerons pas cette petite chronique du week-end sétifien sans signaler une fuite d’eau qui dure depuis au moins 06 mois (notre dernière visite dans ce quartier) à la cité des 1000 Logements. C’est-à-dire que des milliers citoyens passent, chaque jour, devant cette fuite sans se sentir interpellés et encore moins en informer les services concernés pour la réparer. Il faut savoir que dans cette cité, l’eau est distribuée, parcimonieusement, car il y a un grand déficit en eau potable dans la wilaya de Sétif et malgré les dernières chutes de neige qui ont fait du bien à la terre, le déficit est toujours là. Les gestes citoyens, comme enlever un peu de neige devant leurs portes pour pouvoir sortir sans danger de glisser n’existent, hélas, pas. Par contre, les leçons de morale religieuse se développent. Voici, pour terminer, l’anecdote racontée par une connaissance qui venait d’emménager dans la cité populaire des 1000-Logements où la fuite d’eau coule… coule dans le déversoir. Celui-ci, nous raconte que, dès son arrivée il a été surpris d’être abordé par un voisin du pâté d’à côté, qui lui expliqua avec force détails qu’il existait une mosquée, non loin de là, pour aller faire ses prières. Il n’hésita pas à ajouter «vous voilà, si Mohamed informé et vous n’avez plus d’excuses pour dire que vous ne savez pas ou se trouve ce lieu de culte… Tandis, qu’à côté, la fuite d’eau continue de se déverser sur la chaussée…» qu’il piétine. A bon entendeur…