Des milliers de Palestiniens ont manifesté au pied de la barrière de séparation.

Quatrième vendredi de mobilisation dans le cadre de la Grande marche du retour, un mouvement lancé le 30 mars pour réclamer le droit au retour des réfugiés palestiniens et la fin du blocus imposé à Gaza.
L’armée israélienne tire tuant quatre personnes et faisant 500 blessés. Depuis le début du mouvement, 38 personnes ont été tuées par des tirs israéliens. Mais Washington, Londres et Paris n’ont rien vu.
Les scènes sont devenues un rituel du vendredi depuis le 30 mars dernier. Chaque semaine, des milliers de Palestiniens se rassemblent au pied de la barrière de séparation. Et une partie d’entre eux entrent dans la zone tampon, interdite d’accès par l’armée israélienne, pour se rapprocher des grillages. L’envoyé spécial de l’ONU pour le «processus de paix» au Proche-Orient, le Bulgare Nickolay Mladenov, s’est insurgé contre l’attitude criminelle d’Israël. Il répondait ainsi sur Twitter à un ancien porte-parole de l’armée d’occupation israélienne qui lui suggérait d’ordonner aux employés de l’ONU à Gaza de former une chaîne humaine pour empêcher les manifestants de s’approcher de la frontière. Mladenov s’était indigné en termes tout aussi forts de la mort dans la journée d’un adolescent de 15 ans, tué d’une balle dans la tête par un sniper israélien, «un incident tragique qui doit faire l’objet d’une enquête».
Une vidéo du moment fatal, largement relayée sur les réseaux sociaux, montre le jeune Palestinien abattu au milieu d’autres manifestants, à plusieurs dizaines de mètres de la clôture et ne posant aucune menace.
Depuis le 30 mars et le début de la «Marche du retour», mobilisation de masse le long de la barrière avec Israël, les Palestiniens sont tués dans l’impunité.  La mobilisation doit culminer le 15 mai, jour de la «Nakba». Depuis le début de cette flambée de violence, 4 900 Palestiniens ont été blessés. Jeudi, les équipes de Médecins Sans Frontières ont annoncé avoir traité en trois semaines plus de patients que durant toute l’année 2014, durant laquelle s’était déroulée l’agression sur Ghaza. Les équipes de l’ONG ont souligné la nature «dévastatrice» des blessures causées par les balles des tireurs d’élite, «d’une sévérité inhabituelle, extrêmement complexes à soigner et qui laisseront de lourdes séquelles à la majorité des patients».
La description des lésions («chez la moitié des 500 victimes de tirs que nous avons prises en charge, la balle a littéralement détruit les tissus après avoir pulvérisé l’os») semble indiquer l’utilisation de balles explosives. Selon le ministère de la Santé palestinien 60% des blessés sont touchés dans la région du genou, indiquant une consigne claire. Plusieurs Ghazaouis, faute de pouvoir être transférés hors de Gaza pour plus de soins en Cisjordanie, ont dû être amputés.
La réaction outragée de Nickolay Mladenov s’inscrit dans un contexte de condamnation internationale grandissante. Mais Washington, Londres et Paris qui viennent de bombarder la Syrie n’ont rien vu. Jeudi, l’actrice israélo-américaine Natalie Portman a annulé sa venue à la cérémonie du prix.