L’éternelle polémique sur la dévaluation, ou pas, du dinar algérien rebondit encore une fois. C’est le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care) qui est monté au créneau dans sa dernière analyse publique.
Se voulant «pédagogique», le Think Tank énumère les bienfaits d’une dévaluation du dinar, en citant au moins deux points positifs. Le premier est celui du rétablissement progressif des équilibres économiques extérieurs. Le second est l’accroissement des recettes du budget de l’Etat, en argumentant avec des chiffres. Pour Care, une dévaluation de 25% de la valeur du dinar conduirait à des recettes supplémentaires de 1 075 Mds de DA. Ce «gain» est loin d’être négligeable. Il suffit de se pencher sur l’avant-projet de la Loi des finances 2021 pour mesurer l’importance de telles recettes. Évidemment, cet appel est à prendre au sérieux surtout dans cette conjoncture exceptionnelle avec la double crise, engendrée par la pandémie et la chute des prix du pétrole. D’où l’importance des débats sur les politiques économiques.
Care a donné ses propositions, qu’en est-il des «autres» ? Le temps a confirmé, pour tout le monde, qu’il ne faut pas s’attendre à une quelconque «lumière» de la part de la classe politique, que ce soit celle installée dans les arcanes de l’APN ou l’«autre». C’est devenu carrément désespérant d’attendre un écho de ces partis n’existant que pour la forme et n’ayant aucun fond.
L’Algérie «déclenchée» par le Hirak n’a plus à subir les incompétences de ceux qui auraient dû être des forces motrices. D’où l’urgence de ne plus aborder les questions, économiques ou autres, de la même façon qu’avant. Le changement ne peut être uniquement une question de forme. La dévaluation du dinar concerne tout le monde, et le citoyen lambda devrait se sentir concerné par cette question, qui ne devrait pas être uniquement l’apanage des «experts». Les débats contradictoires économiques sont les bienvenus et devraient être étendus à tous les espaces médiatiques. Il en résultera sans aucun doute une sorte de consensus sur les solutions à appliquer et qui, ainsi, impliqueraient au moins la grande majorité. Que les «experts» sortent de leur coquille et investissent le terrain, le vrai, celui où se trouvent les citoyens. Quand on a des idées, on peut, et on doit, les défendre partout.