Qu’est-ce qui diffère la rencontre walis-gouvernement, qui a débuté hier et se clôturera, aujourd’hui dimanche, des précédentes ? La réponse «évidente» serait d’attendre les résultats qui en découleront pour pouvoir les estimer et les comparer avec les précédentes.
Le plus important dans cette rencontre semble être les préparatifs des élections locales anticipées, prévues le 27 novembre prochain. Ainsi, dans deux mois, et un peu plus de cinq mois après les législatives, l’Algérie aura rendez-vous avec un «changement». Les guillemets s’imposent d’eux-mêmes. Il suffit de voir comment se sont déroulées les dernières élections, en juin dernier, et surtout les résultats sortis des urnes, pour être édifié sur la fébrilité de ces changements mis en avant dans les discours et toujours en attente sur le terrain.
Les élections de novembre prochain vont donc être organisées de la même manière que celles d’avant. Les walis aux avant-postes, comme maîtres incontestés de leurs «territoires», chapeautés qu’ils seront par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. Du «beau monde», dont aucun n’a été choisi par les citoyens. Les désignations d’en haut sont toujours, et encore, la «forme» préférée du système en poste qui a beaucoup de mal à se renouveler.
La remarque, pourtant de taille, passe depuis trop longtemps inaperçue. La réunion qu’abrite, depuis hier, le Palais des Nations de Club-des-Pins (Alger) se déroule sans la présence d’aucun élu -si ce n’est quelques représentants du Conseil de la nation qui ne tarderont pas à quitter le Parlement. L’avenir des collectivités locales se décidera, comme c’est le cas depuis des lustres, sans qu’un représentant direct des citoyens ne soit impliqué. Certes, les élus des dernières élections du temps bouteflikien sont loin d’être des références question légitimité, mais c’est l’occasion d’insister sur le «plus jamais ça». Si les citoyens n’ont pas été entendus, et ne sont plus entendus, c’est qu’ils n’ont pas (eu) de représentants légitimes qui puissent défendre leurs intérêts.
L’heure est au changement, et pas uniquement dans les discours. Si les élus locaux n’ont pas de pouvoir de décision, c’est qu’ils n’ont jamais su se défendre ni n’ont eu une base populaire sur laquelle ils pouvaient s’appuyer pour se faire entendre. Entre désignation et élection, il y a une énorme différence, qui a été relevée à plusieurs reprises, depuis longtemps, sans qu’il y ait toutefois eu des modifications. Mais l’espoir fait toujours vivre et tant qu’il y a de l’énergie et du mouvement, les lumières jailliront, tôt ou tard. Cette citation tirée du roman «Vortex» du Canadien Robert Charles Wilson devrait faire réfléchir plus d’un : «Ce n’est pas la mort qui est inévitable, mais le changement. Le changement est la seule réalité permanente»…