Cela fait presque une année que l’espace aérien algérien n’est plus opérationnel. Il y a bien quelques avions qui passent rarement au-dessus de nos têtes, mais nos tarmacs n’en accueillent presque aucun. Depuis le 27 mars dernier, l’Algérie a fermé ses frontières terrestres, maritimes et aériennes. Si les premières demeurent poreuses et donnent la part belle à la contrebande des personnes et des marchandises, celles aériennes, très hermétiques, ont complètement paralysé les aéroports, clouant au sol les avions d’Air Algérie, surtout, et d’autres compagnies qui desservaient l’Algérie. En permettant la reprise des vols domestiques, l’on espérait un retour rapide de l’international.
Mais avec la complication de la pandémie chez notre voisin de l’Est, et surtout l’explosion des cas confirmés en Europe, la reprise n’est pas pour demain. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la Covid-19 s’est découvert des nationalités avec des variant anglais, brésilien, sud-africain, américain californien, et peut-être même algérien, en l’absence de séquençage sous nos latitudes.
Dans un entretien avec la chaîne 3, le docteur Mohamed Bekkat-Berkani, président du conseil de l’Ordre des médecins et membre du comité scientifique de suivi et de lutte contre la Covid-19, a insisté sur la vaccination «la seule issue de sortie pour un pays, avec le respect des gestes barrières» pour arriver au but recherché, l’immunité collective, tout en rappelant que l’Algérie a pris les devants pour stopper les variants cités plus haut aux frontières du pays. Il utilisera le rétroviseur pour faire souvenir que l’Algérie a été «l’un des premiers pays à fermer ses frontières aériennes avec la Chine» quand d’autres hésitaient encore, notamment les pays européens qui maintenaient leur ciel ouvert pour des considérations purement pécuniaires avec les conséquences que l’on sait, depuis.
«La fermeture des liaisons aériennes nous a préservé d’une catastrophe» sanitaire, devait-il rajouter pour répondre à l’importance de ce geste dès le mois de mars 2020, donnant des exemples de pays européens, notamment la France qui a dû se résoudre à fermer ses frontières avec des pays autres que ceux de l’Union européenne, et «a même imposer des restrictions aux pays de l’U.E.».
Il notera que nos compatriotes émigrés subissent depuis des mois l’action de fermeture des frontières aériennes, mais estime «qu’ils doivent comprendre que cette situation est transitoire», mais nécessaire pour la préservation sanitaire et «l’embellie sanitaire» dans laquelle se trouve le pays, justement grâce aux frontières closes, «et que l’on doit garder ce statu quo aérien pour le moment».
Il reviendra sur les chiffres de la pandémie à l’intérieur de nos frontières qualifiant «les 200 ou 300 cas de contamination et trois à quatre décès par jour d’insignifiants par rapport à la pandémie» d’une telle ampleur, le tout obtenu par la discipline de la population qui a fini, en majorité, par adopter les gestes barrières, et les frontières closes au bon moment.
Evidemment, si le fait de garder les frontières fermées a porté indéniablement ses fruits, il reste que plusieurs milliers de nos compatriotes, touristes, commerçants, industriels, étudiants ou émigrés, ont souffert et soufre encore de l’absence de transport international, notamment ceux bloqués encore à l’étranger. Les exemples les plus édifiants nous viennent de France et de Turquie, mais pas que. Il y a même eu des citoyens algériens bloqués aux frontières terrestres avec la Tunisie qui ont vécu pendant des semaines de l’aumône tuniso-algérienne. Une hérésie quand on sait que l’on peut traverser la frontière terrestre à pied sans que cela ne débouche sur des conséquences sanitaires fâcheuses, en ayant à l’esprit que la prise en charge et contrôle sanitaire seront de mise. Le programme de rapatriement ayant vécu, apparemment, il serait juste de trouver une autre formule pour rendre possible le voyage vers l’Algérie. Deux compagnies françaises ont en profité à souhait, sous le regard envieux d’Air Algérie qui a gardé la majorité de ses avions au sol.
En attendant, le ciel reste fermé
et l’espoir d’une prochaine ouverture est toujours tributaire d’une amélioration de la situation sanitaire aussi bien chez nous qu’en Europe. n