La mine quelque peu réjouie, les travailleurs d’Air Algérie retrouvent partiellement… le sourire. C’est que depuis le mois de mars 2020, il n’a pas été question pour eux de rejoindre leurs postes de travail à l’aéroport Mohamed-Boudiaf, pour raison sanitaire que tout le monde connait. Nadjib, tout comme ses collègues reviennent timidement à leurs réflexes depuis l’ouverture du ciel, partiellement, pour les vols domestiques. «Nous sommes très contents de revenir au boulot après des mois d’absence. Bien sûr, pour le moment, il n’y a que les vols domestiques et les vols de rapatriements, mais c’est déjà un pas vers la mise à niveau de tous les vols, surtout internationaux. La première journée, mes doigts et ceux de mes collègues tremblaient tellement d’excitation que l’on parvenait à peine à utiliser le micro. Mais maintenant, ça va, en attendant le retour de tous les autres collègues», nous dira notre interlocuteur. Plus loin, les box de la Turkish Airlines et de Swissport restent muets. Pour eux, la reprise tarde et les supputations pour une prochaine reprise ne sont jamais vérifiées à échéance. Les vols pour la France, la Belgique et la Turquie restent pour le moment un vœu pieux. Les magasins de l’aéroport qui ont souffert énormément de l’absence de passagers recommencent aussi, timidement, à se manifester, en fonction des passagers à dose homéopathique. Les cafés et restos rapides peinent à se relever, tandis que les autres magasins, tabacs journaux, librairie et autres espèrent des cieux plus cléments. Les douaniers et la police des frontières affutent leurs armes. «C’est pour le mois de janvier, nous dira un officier de police, c’est officiel», croit-il savoir. La pandémie de Coronavirus a pénalisé donc toutes les entreprises liées au transport aérien. L’EGSA, l’Entreprise de Gestion des Services Aéroportuaires de Constantine, qui en fait partie, vient d’informer avoir pâti de pertes très pénibles du 31 mars au 31 octobre de l’année 2020. Ces pertes ont été estimées à de 7,5 milliards de dinars durant 7 mois. Des chiffres alarmants, mais qui reflètent fidèlement la baisse de trafic de voyageurs «synonyme de 90,60 % en juxtaposition à celui enregistré l’année passée durant la même période, avec un chiffre de 70.100 voyageurs. Ce qui est incontestablement très en deçà du nombre réalisé l’année dernière qui a culminé à plus de 745.000 voyageurs», déclarera un cadre de l’entreprise. Pour les rentrées de «f’louss», la comparaison est aussi ahurissante : 86 millions de dinars jusqu’au mois d’octobre 2020, alors que l’année dernière, 660 millions de dinars sont rentrés dans les caisses de l’EGSA. «Une baisse 87%, ce qui est très sanctionnant pour l’entreprise,» affirmera aussi notre interlocuteur.
C’est dire que si le ciel n’a pas été avare en pluviométrie, très appréciable en ce début d’hiver, mais n’a pas été dans le même sillage pour les entreprises dépendant du trafic aérien. Des rumeurs font état, effectivement, de la réouverture des vols internationaux pour le mois qui vient. Mais rien n’est moins sûr, même si l’Algérie reste l’un des très rares pays à maintenir ses frontières maritimes, terrestres et aériennes closes. <