Par Fazil Asmar
La Fédération algérienne des consommateurs (FAC) s’attend, dans les jours à venir, à une autre flambée des prix du poulet après celle survenue peu avant le mois de Ramadan suite à la hausse des prix des aliments de bétail sur le marché international. Des prix qui avaient pratiquement doublé. Selon le directeur exécutif de cette fédération, Mohamed Toumi, une autre hausse des prix des aliments de bétail est attendue prochainement sur le marché mondial. «Le poulet sera donc plus cher. Mais si ces prix augmentent de façon significative et se rapprochent même de ceux des viandes rouges, ce sera surtout à cause de la grippe aviaire qui a considérablement affecté la filière avicole», prévient-il.
Rappelons à ce propos que le virus de la grippe aviaire a été détecté au cours des semaines passées dans l’est du pays, affectant ainsi une filière déjà éprouvée par la pandémie de la Covid-19. Selon les sources de la FAC, beaucoup d’aviculteurs ont perdu leurs élevages à cause de la grippe aviaire, réduisant ainsi considérablement l’offre sur le marché local et national. «Déjà que la production, et donc l’offre, ont baissé depuis la pandémie. Des éleveurs ont mis la clé sous le paillasson après avoir perdu la majorité de leurs clients, restaurants, fast-food, pizzéria… en raison de la crise sanitaire tandis que d’autres ont abandonné cette activité car ils n’arrivaient plus à payer les aliments de bétail, importés à prix forts. Toutes ces raisons ont fait basculer la balance de l’offre et de la demande au détriment de cette dernière», déplore-t-il. Ainsi, le poulet, dans les semaines, voire dans les jours, à venir sera un produit de luxe pour beaucoup de foyers dont le pouvoir d’achat a fortement chuté depuis l’avènement du coronavirus.
Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCAA), Hadj-Tahar Boulenouar, a également signalé qu’un bon nombre d’aviculteurs ont l’intention de changer d’activité ou de réduire leurs productions pour assurer un meilleur équilibre entre les coûts de revient et les bénéfices. Mais il espère que la décision, par les pouvoirs publics, d’exemption de la TVA sur l’achat de l’alimentation du bétail et des volailles leur fera changer d’avis et préserver ainsi une offre déjà mal au point. Toutefois, avec l’apparition de la grippe aviaire, la flambée reprendra de plus belle et sera plus importante, selon la FAC, que celle constatée durant le mois de Ramadan, où les prix avaient dépassé les 400 DA/kilo après une légère baisse quelques jours avant le mois de jeûne. Pour l’expert en économie, Abdelatif Kerzabi, et au-delà de ces facteurs conjoncturels, liés notamment à la grippe aviaire et à la Covid-19, le grand écart entre les prix sur le marché local dans tous les domaines démontre que l’économie nationale n’est pas en bonne santé et que le problème de régulation est plus structurel. Le secrétaire général de l’UGCAA, Benchohra Hazab, estime que la régulation du marché de la volaille, comme celui des fruits et légumes, exige des solutions en profondeur qui doivent s’inscrire dans la durabilité et non obéissant à un contexte conjoncturel,
voir occasionnel, pour «pourchasser» les spéculateurs et les intermédiaires.<