13 ans après le dernier effectué, voilà que le recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) est évoqué. C’était lors de la dernière réunion du Gouvernement qui s’est déroulée samedi dernier. Toutefois, il ne s’agit que d’une « citation », sans donner de date précise. Le point abordé lors de cette réunion concernait un marché de gré à gré « simple » prévu entre l’Office National des Statistiques (ONS) et Algérie Télécom Mobilis (ATM) pour la réalisation du 6e RGPH. Ainsi, le flou total entoure cette opération primordiale pour tout Etat.
D’ailleurs, depuis l’indépendance, l’Algérie n’a jamais autant tardé pour réaliser le recensement. La période la plus longue a été de 11 ans.
Le premier RGPH était en 1966. Il sera suivi par quatre autres : 1977, 1987, 1998 et 2008. Une « absence » qui n’aura que trop duré. Ses résultats sont attendus par tout le monde et pas seulement par les pouvoirs publics. En 13 ans, le pays a beaucoup changé et établir l’état des lieux est devenu une urgence pour toute action, étatique ou autre.
Il ne s’agit pas uniquement d’établir le nombre d’habitants (ce que fait chaque année l’ONS d’ailleurs), mais de connaitre le maximum de détails sur les citoyens et l’habitat dans le pays.
Parmi les points cruciaux en relation avec cette opération, il y a la fameuse question des subventions. En janvier dernier, le ministre des Finances de l’époque (qui n’est autre que l’actuel Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane), avait annoncé une importante décision, qui avait suscité de nombreuses réactions. Il était question de la révision des subventions étatiques. Pour cela, il y avait à effectuer un ciblage des catégories sociales qui en ont le plus besoin. Aïmene Benabderrahmane avait indiqué que l’opération interviendra « au plus tard » le deuxième semestre de 2021. Entre temps, beaucoup de choses ont changé. Lui-même a pris la tête du Gouvernement et surtout la Covid-19 est venue chambouler tous les programmes et projets.
Toutefois, le RGPH, ou sa simple évocation, devrait relancer le débat sur ce sujet si sensible que sont les subventions. Les caisses de plus en plus vides et les crises multiformes que subit le pays font en sorte que les choses ne peuvent être les mêmes comme auparavant. Le débat est lancé, et plus c’est tôt, mieux c’est.