Week-end marathonien au Parlement. L’espace de quelque quarante-huit heures seulement, le projet de loi portant révision constitutionnelle est parti du siège de l’APN, où il venait d’être adopté, pour rejoindre, à quelques centaines de mètres seulement, le Sénat, où il a été présenté en vue de son adoption aujourd’hui. Une proximité géographique qui a toujours été doublée d’un rapprochement sans faille et impossible à briser entre les deux parties dès qu’il y a circonstance de vote de lois, qu’elle qu’en soit la nature.
La confirmation viendra aujourd’hui du vote des sénateurs, et après la mise en branle du compte à rebours vers le référendum populaire, lors du dernier Conseil des ministres, les Chambres basse et haute ouvrent désormais la voie toute grande vers le 1er novembre, rendez-vous fixé aux citoyens pour aller aux bureaux de vote apporter leur caution ou non au texte fondamental si cher au Président de la République, et que ce dernier avait inscrit dans ses priorités dès le lancement de sa campagne électorale qui l’a hissé à la tête du pays, en décembre 2019.
Entre-temps, les analystes de la place politique ne chôment pas et reviennent en force à travers les canaux de communication pour des lectures qui mettent en évidence l’obligation de revisiter la Constitution actuelle et de la réviser de sorte à ce qu’elle serve, enfin, l’intérêt du pays et de son peuple, loin des règles qui ont consacré le despotisme comme droit par excellence chez les gouvernants qui se sont succédé à la tête de l’Algérie depuis quasiment son Indépendance.
C’est, en effet, dans cette logique de rupture totale avec le passé, que le discours des pouvoirs publics, et à leur tête le chef de l’Etat, s’inscrit aujourd’hui, détaillant sans compter le contenu de la révision qui permettrait d’atteindre cet objectif.
Ces analystes, notamment les constitutionnalistes, ne manquent toutefois pas de relever des incohérences dans le nouveau texte de loi. Ce qui ne suffit pas pour arrêter une machine électorale qui est passée sans grande peine par le test du Parlement.