Le message du président de la République et ses vœux de ramadan aux Algériens, jeudi 23 avril, a fait entendre un son d’une tonalité religieuse nouvelle et même un peu appuyée pour un chef de l’Etat qui n’a pas semblé avoir jusqu’ici ce goût du prêche qu’avait par exemple son malheureux prédécesseur. Mais il y a des intonations qui résonnent du moment présent : l’arrivée du mois de jeûne alors que la pandémie du virus Covid-19 continue d’affecter et de faucher des vies.


Des circonstances d’exception qui obligent pour des raisons de sécurité sanitaire le commun des Algériens à concéder beaucoup de leurs pratiques rituelles collectives, et à ressentir ce renoncement comme un malaise qu’un président doit admettre naturellement et trouver les mots qu’il faut pour contribuer à les soulager.
Le sens des mots n’est saisi que par le moyen des circonstances où l’on parle, disait jadis quelqu’un d’illustre. «Ainsi, a déclaré le chef de l’Etat, nous aurons à accomplir, pour la première fois, les Tarawih dans nos maisons du fait de la suspension momentanée des prières du Vendredi et de la Jamaâa». «Certes, la situation est difficile à accepter, mais nous ne pouvons que nous résigner face à Sa volonté», a-t-il reconnu, révélant qu’il était dans son intention d’inaugurer la grande mosquée d’Alger, mais que les mesures de précaution sanitaires en ont décidé autrement. «J’aurai tant souhaité que nous célébrions ensemble l’avènement de ce mois sacré par l’inauguration de la Grande mosquée d’Alger, hélas la volonté divine en a décidé autrement», a-t-il regretté, laissant supposer qu’en cas de levée du dispositif de confinement par les autorités sanitaires dans les jours et semaines à venir, l’inauguration de cet édifice religieux aura lieu durant les fêtes de l’Aïd.
D’ici là, M. Tebboune affirme penser à ceux qui «vivent des moments difficiles», notamment «vous, nos concitoyens de la wilaya de Blida, confinés dans vos maisons, parfois dans des appartements exigus», a-t-il dit. Sur le même registre – celui de la nécessaire empathie présidentielle -, il jure être «conscient également qu’il y a» parmi les Algériens «ceux qui ont été contraints d’abandonner momentanément leur travail, ceux qui sont inquiets pour les études de leurs enfants, et qu’il y a des malades chroniques et des gens qui ne supportent plus le confinement sanitaire». Face aux dures épreuves, se munir d’un grand fond de patience, a-t-il prôné. Car, «que pouvons-nous faire, sinon accepter toutes les contraintes qui nous sont imposées, comme elles le sont pour toute la population du Monde face à la propagation d’une pandémie létale, que la science et les scientifiques peinent à vaincre», s’est interrogé le président Tebboune en exhortant «encore une fois, ceux qui transgressent les dispositifs de prévention à cesser leurs agissements dangereux qui ne feront que prolonger le confinement sanitaire et mettre en péril nos concitoyens et notre patrie».
«Nous avons réussi, grâce à Allah, à limiter la propagation de la pandémie et j’ai instruit, dans ce sens, à la reconsidération des mesures du confinement sanitaire en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain» a-t-il souligné. «Plus les indicateurs s’améliorent, ici et là, plus nous nous approchons du retour à la vie normale», a-t-il également rassuré non sans s’incliner «avec dévotion et piété à la mémoire des victimes de cette pandémie (…)», réitérer ses «sincères condoléances à leurs familles et proches» et souhaiter «un prompt rétablissement aux personnes atteintes».

Des assurances sur l’année scolaire et universitaire
«L’élan de solidarité et d’entraide par lequel se démarque notre peuple à chaque étape cruciale de son Histoire nous offre l’opportunité de transformer l’épreuve en catalyseur pour un nouveau départ. Un départ avec un nouveau souffle et une nouvelle réflexion consacrant la rupture avec les pratiques désuètes qui ont freiné l’émergence du potentiel créatif de notre jeunesse, déviée de la voie de l’édification pour être basculée dans le désespoir et la désespérance», a soutenu le chef de l’Etat, tranquillisant élèves et parents d’élèves des conséquences de l’interruption de l’année pédagogique. «Pour ce qui est de l’inquiétude de nos enfants, élèves, étudiants et leurs parents quant au sort de l’année scolaire, je tiens à rassurer tout un chacun que les mesures, qui seront prises incessamment pour prendre en charge cette préoccupation légitime, seront incontestablement dans leur intérêt à tous», a promis le chef de l’Etat.
«Nul doute que cette ressource humaine, chaque année renforcée par des centaines de milliers de diplômés des universités et instituts supérieurs, est celle sur laquelle mise notre pays pour l’édification du nouveau modèle économique à même de générer la richesse et l’emploi et consolider notre indépendance économique en nous affranchissant des fluctuations des prix des hydrocarbures dans les marchés internationaux», a-t-il encore attesté. «Est-il besoin de rappeler que les grandes nations ne se construisent que par la morale, le savoir et le travail», a-t-il conclu en citant le Coran. «Et dit : oeuvrez, car Allah va voir votre œuvre, de même que Son messager et les croyants, et vous serez ramenés vers Celui qui connaît bien l’invisible et le visible. Alors Il vous informera de ce que vous faisiez (105- At-Tawbah)».<