L’Algérie, quelle soit nouvelle ou ancienne, n’a pas d’autres choix que d’être juste concrète. Concrète dans ses décisions, dans ses prévisions et dans sa gestion. La responsabilité incombe en premier lieu à tous ceux qui tiennent les rênes du pouvoir.
D’où l’importance d’ouvrir les yeux sur l’approche rentière de l’Etat. Les hydrocarbures ne sont pas éternels et tôt ou tard ces ressources vont disparaitre. Même s’il y aura encore des réserves dans le sous-sol algérien, il est plus que possible que leur importance ne sera plus la même. Quand ? A court, à moyen, ou à long terme ! Tout est possible. L’épisode de la Covid-19 est encore là pour démontrer que les chamboulements planétaires ne sont pas des illusions.
Le dernier rapport de la revue Rystad Energy de BP (British Petroleum), publié hier, est édifiant à plus d’un titre. L’avenir, et même le présent, n’est plus lié aux hydrocarbures. Plus le temps passe, moins ces ressources énergétiques seront disponibles. Les pays qui définissent leur avenir en fonction des hydrocarbures, à l’instar de l’Algérie, d’avant et d’aujourd’hui, risquent tout simplement de carrément disparaître. Plusieurs Etats, considérés comme pétroliers, ont déjà commencé leur mutation (certains depuis plusieurs années déjà). La transition énergétique s’est d’ores et déjà imposée. Les marchés financiers suivent, les multinationales également, et les retardataires et les «aveugles» n’auront plus de place dans le monde «prochain».
Le «saut» escompté en Algérie est toujours attendu, et ce n’est pas les discours et les promesses qui vont le réaliser. Tous, absolument tous, sont concernés par ce défi dont la survie même du pays en dépend. Toutefois, ce n’est pas avec ce qui se passe actuellement en Algérie qu’un quelconque pas en avant est possible. Il suffit de voir le nombre effarant de nouveaux diplômés universitaires qui sont partis ces dernières années, et ceux qui se préparent à quitter le pays, pour avoir une idée sur l’immense gâchis auquel tout le monde contribue. La responsabilité est partagée, même si c’est à des degrés différents. Tout n’est pas encore perdu. L’espoir a toujours été intemporel