La visite du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, en Afrique du Sud n’est pas passée inaperçue, la relation entre les deux pays avait besoin d’être boostée afin de faire face aux évolutions sur le plan continental et régional. Les questions politiques, de sécurité et de développement sur le continent africain auront été au centre des échanges.

À cette occasion, l’Algérie et l’Afrique du Sud ont réaffirmé leur appui aux causes des peuples sahraoui et palestinien. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont exprimé leur «soutien au droit inaliénable du peuple palestinien d’établir son Etat indépendant avec Al-Qods pour capitale». La chef de la diplomatie sud-africaine Mme Lindiwe Sisulu a affirmé que «l’Afrique du Sud et l’Algérie restaient fermes dans leur soutien au peuple du Sahara occidental». «A cet égard, nous avons noté avec préoccupation l’instabilité persistante dans certains pays et régions frères. Nous avons donc convenu de continuer à travailler ensemble pour faire progresser la paix, la sécurité, la stabilité, l’unité et le développement économique du continent africain», a noté Mme Sisulu. Sur la question du Sahara occidental les deux pays ont réaffirmé leur position commune de principe, à savoir la réalisation du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et à la décolonisation du Sahara occidental, ainsi que la résolution rapide du conflit dans le cadre de la légalité internationale. Alger et Pretoria se sont félicité «des efforts déployés par l’Envoyé spécial de l’Union africaine pour le Sahara occidental, l’ancien président du Mozambique, Joaquim Chissano, et l’Envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara Occidental, Horst Kohler, pour mobiliser la communauté internationale pour la mise en œuvre de toutes les résolutions de l’UA et de l’ONU sur le Sahara occidental». On y apprendra à cette occasion que la SADC organisera prochainement «une conférence de soutien au Polisario et au Peuple du Sahara occidental». La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) est une organisation qui soutient la lutte des Sahraouis. «Nous croyons en leur droit à l’indépendance. C’est leur droit inaliénable comme tout autre Etat indépendant», a souligné la ministre sud-africaine. La question du Sahara occidental avait été au centre de l’intervention du président sud-africain Cyril Ramaphosa lors du 38e sommet de la SADC, qui avait eu lieu en août. Le président sud-africain a exhorté en cette occasion les Etats de la SADC à «faire preuve de solidarité avec le peuple de la République sahraouie pour accroître la pression sur le Maroc afin de mettre en œuvre les résolutions des Nations unies garantissant l’indépendance du peuple du Sahara occidental ». La ministre sud-africaine a affirmé que l’Afrique du Sud «considère le Sahara occidental comme un Etat souverain et à cet égard, le pays a accueilli très récemment le chef du Polisario en visite d’Etat en reconnaissance de ce statut… Nous fournissons au Polisario l’aide financière nécessaire pour mener à bien son travail administratif». Sisulu a tenu à ajouter que la SADC «soutiendra entièrement le Polisario» et que «c’est une résolution que nous venons de prendre à la Conférence de la SADC, et l’Afrique du Sud accueillera cette conférence en tant que mesure de soutien continu au Polisario et au peuple du Sahara occidental». Pour les sud-africains la visite de Messahel aura permis aux deux pays de réaffirmer leur «partenariat historique et stratégique». Il aura été affirmé la nécessité d’accorder une attention particulière à la coopération économique, en encourageant les échanges commerciaux, les investissements et la coopération stratégique entre les entreprises publiques des deux pays. Les deux ministres «ont noté avec satisfaction la profondeur et l’ampleur de leur coopération, comme en témoigne l’existence de 33 accords et mémorandums d’accord bilatéraux couvrant un large éventail de domaines tels que le commerce et l’industrie, la diplomatie, la défense, l’énergie, les arts et la culture, sports, science et technologie, agriculture, éducation et santé». Ils ont souligné «avec force» la profondeur historique des relations entre l’Algérie et l’Afrique du Sud en notant l’engagement des deux pays à mettre à profit ce capital important «au service d’une coopération exemplaire et d’une concertation régulière».