Par Adlène Badis
L’émir de l’Etat du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a fait, hier, une brève visite officielle en Algérie, où il a été accueilli par le Président de la République Abdelmadjid Tebboune. Les deux parties ont eu des entretiens et un échange de vues sur les questions d’intérêt commun entre les deux pays qui entretiennent des relations cordiales et où les points de vues son souvent en accord. Du moins sur le plan formel. Lors d’une conférence de presse conjointe avec l’émir de l’Etat du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, le Président Abdelmadjid Tebboune a affirmé que ces entretiens ont été marqués par «une entente totale entre les deux pays sur les points soulevés tant dans les domaines économique et politique que sur les questions régionales (monde arabe) et internationales».
Dans une déclaration à la presse, à l’issue de l’entretien qu’il a eu avec le Président Abdelmadjid Tebboune au siège de la présidence de la République, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani a souligné l’importance du rôle de l’Algérie aux niveaux régional et arabe, ajoutant que «l’Algérie a une histoire honorable en matière de résolution des conflits survenus dans la région et le monde arabe. Nous avons besoin, aujourd’hui, de l’Algérie, d’autant que le monde arabe vit, malheureusement, plusieurs crises». Dans le même cadre, l’émir de l’Etat du Qatar a souhaité «la réussite» du prochain sommet arabe prévu à Alger. Concernant son entretien avec le Président Tebboune, il a affirmé qu’il était «constructif et bénéfique». «Nous sommes d’accord sur tous les points», a-t-il soutenu, exprimant sa détermination à œuvrer «à la promotion des relations bilatérales dans tous les domaines, notamment économiques et d’investissements».
Dans la délégation de l’Emir Tamim, il y avait le directeur exécutif de l’opérateur Saoud Bin Nasser Al Thani. Ce dernier a eu une discussion avec le ministre du Travail Acheuk Youcef où il a été probablement question de l’affaire du P-DG d’Ooredoo Algérie qui a été récemment expulsé d’Algérie pour des raisons toujours obscures. Ainsi, les relations algéro-qataries semblent prendre de plus en plus d’importance. Doha, dont la diplomatie du chéquier en a fait un acteur incontournable dans une grande partie des points de conflits à l’international, s’est donné un rôle dans certains dossiers régionaux. La question libyenne, dont il a été évidemment question hier, est constamment un sujet de discussion entre l’Algérie et le Qatar. La Libye qui reste pour l’Algérie un dossier de première importance est le théâtre de l’interférence directe et indirecte de plusieurs acteurs. Dans ses efforts de gagner la paix dans ce pays, Alger voudrait discuter avec tous les acteurs agissants du dossier libyen. Faisant partie de la «coalition» avec la Turquie, Doha reste particulièrement influent avec sa force de frappe financière. Un élément à prendre en compte dans un monde où le «soft-power» des pays du Golfe n’est désormais plus à négliger. n