Le domaine pétrolier et gazier national n’a pas, à l’évidence, livré tous ses secrets. Tel est l’un des constats fait lors de la visite d’inspection effectuée, lundi, du ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, dans la wilaya de Tindouf. Le premier responsable du secteur n’a pu se rendre qu’au périmètre d’El Aroueta, situé à Ghara Djebilet à 70 kilomètres de Tindouf, les autres haltes prévues au programme ont été annulées en raison de l’opposition de dizaines de citoyens soutenant le Hirak, présents à l’accueil du ministre à l’aéroport et dans les principales rues de la ville, résolus à empêcher la visite du ministre à Tindouf. Les protestataires, criant des slogans hostiles, ont obligé Mohamed Arkab à changer d’itinéraire et à annuler le programme de visite de l’après-midi. Il s’est contenté d’inspecter les travaux d’exploration menés dans le périmètre précité. Là, nous apprenons, d’une présentation de Sonatrach sur place, qu’un puits d’exploration, foré par l’ENTP, filiale à 100% de Sonatrach, a permis de réaliser une importante de découverte de gaz au regard du débit,
274 000 mètres cubes de gaz et un peu de condensat (liquide). C’est la première fois qu’une découverte d’hydrocarbures est réalisée dans la wilaya de Tindouf. «Le premier puits foré dans la région l’a été en 1956. Tous les puits forés jusqu’ici ont eu des résultats négatifs. Jusqu’en 1971, onze puits ont été forés. Entre 1976 et 2007, les travaux d’exploration ont cessé. Ils ont repris en 2008», a indiqué Rachid Hachichi, le P-DG de Sonatrach. Cette découverte de gaz humide ouvre ainsi des perspectives prometteuses en matière de découvertes de gaz pour la région, d’autant qu’elle a été réalisée à une profondeur de seulement 1 000 mètres et dans un périmètre qui s’étend sur 100 000 kilomètres carrés, soit environ deux fois la superficie de la Belgique. D’autres sites apparaîssant comme prometteurs sont ciblés. Mais le potentiel de cette zone devra être confirmé par d’autres travaux exploratoires pour pouvoir forer d’autres puits et mesurer l’étendue du réservoir. Le ministre de l’Energie n’a pas manqué de montrer sa satisfaction : «Cette découverte permettra d’insuffler une dynamique nationale et locale et aura des retombées positives sur différents secteurs, surtout que le champ en question est à 70 kilomètres seulement du gisement de fer de Ghara Djebilet, qui nécessite de l’énergie électrique et gazière, en plus de son apport au développement des ressources énergétiques locales.» Au stade des travaux exploratoires, actuellement, ce serait une illusion que de croire qu’il s’agit déjà d’un champ exploitable. Les spécialistes sont unanimes, il faudra d’autres puits d’exploration pour confirmer les richesses gazières du périmètre et ainsi déterminer la commercialité des hydrocarbures découverts. L’autre illusion est de croire que son exploitation est toute proche. Or, il faut en Algérie une moyenne de dix ans de la phase exploratoire à la phase développement, jusqu’à l’extraction du premier mètre cube de gaz du gisement. D’autant que des contraintes dans l’exécution rapide des travaux ont été soulevées : autorisations de transport non délivrées pendant le week-end, problèmes de mise à la disposition d’escortes pour le personnel étranger, entre autres.
Le ministre a promis de régler ces difficultés avec le concours du wali. Les responsables de la division forage de Sonatrach ont expliqué que la découverte sera suivie d’une période d’évaluation, d’autres travaux sismiques, dont certains à l’étranger, et si nécessaire de la sismique 3 D, avant de forer d’autres puits et pouvoir mesurer l’importance des accumulations de gaz dans ce périmètre. La découverte suscitera, à n’en point douter, un plus grand intérêt pour ce bloc (305), un soutien accru aux équipes de Sonatrach et de l’ENTP qui travaillent dans ce périmètre et des investissements pour pouvoir confirmer ces richesses dans une région qu’on croyait auparavant totalement dépourvue de richesses en hydrocarbures.<