Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, effectue depuis hier une visite officielle de deux jours en Algérie. L’occasion, pour Alger et Madrid, de faire le point sur des échanges économiques et commerciaux importants, mais dans le besoin d’être relancés y compris dans leur volet énergétique. L’opportunité, pour les deux parties,
de s’écouter et de s’entendre sur les dossiers sécuritaires
en partage dont celui de la migration clandestine.

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, effectuait depuis hier une visite officielle de deux jours en Algérie. Le chef de l’Exécutif espagnol arrive en Algérie à la tête d’une importante délégation, a annoncé, hier, un communiqué de la Présidence de la République. Au menu de cette visite, le chef de gouvernement espagnol devait s’entretenir, à Alger, avec le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et tiendra une séance de travail avec le Premier ministre, Abdelaziz Djerad.
La délégation espagnole est composée d’importantes personnalités siégeant dans le gouvernement espagnol, de la directrice de la garde civile espagnole ainsi que de plusieurs hommes d’affaires en quête de marchés et de nouveaux relais de croissance en ces temps de regain de la pandémie de coronavirus. Le royaume ibérique, faut-il le rappeler, est l’un des pays européens le plus endeuillé et fragilisé par la pandémie du covid-19, dont le secteur touristique, un des piliers de l’économie espagnole, a été complètement laminé. Au menu purement économique, outre la séance de travail prévue entre les chefs des gouvernements des deux pays, un forum d’affaires algéro-espagnol est prévu, aujourd’hui, à Alger. Les discussions entre responsables algériens et espagnols porteront également sur la coopération énergétique, étant donné que les hydrocarbures pèsent pour l’essentiel des échanges commerciaux entre les deux pays. Depuis le début de l’année en cours, les importations espagnoles en gaz algérien ont connu une chute drastique qui aura profité à d’autres fournisseurs à l’image des Etats-Unis, devenus désormais premier fournisseur de gaz à l’Espagne. C’est un fait qui a fait couler beaucoup d’encre et provoqué un grincement de dents à Alger. Certaines compagnies espagnoles sont allées jusqu’à menacer de porter la demande de baisse des prix du gaz devant les juridictions arbitrales internationales. Bien entendu, il n’y a pas que les affaires et questions purement économiques qui figurent au menu de cette visite, mais des problématiques d’ordre sécuritaire y figurent également, dont la question de l’immigration clandestine. D’où la présence, hier, à Alger, de la directrice de la Garde civile espagnole, Maria Gamez Gamez. Il s’agit, selon un communiqué du MDN, d’une visite qui s’inscrit dans le cadre de la coopération militaire entre les deux pays. La question de la coopération dans la lutte contre l’immigration clandestine devrait être évoquée, tant il est vrai que le phénomène de flux de migrants clandestins depuis l’Algérie vers les côtes espagnoles inquiète aussi bien les responsables espagnols qu’algériens. D’ailleurs, durant sa visite, la directrice de la garde civile espagnole s’est entretenue, d’abord, avec le général Gouasmia Noureddine, Commandant de la Gendarmerie nationale (GN) avant de se rendre, ensuite, au siège du commandement des Forces navales, où la délégation espagnole a été reçue par le Général Châalal Abdelaziz, Commandant du service national des garde-côtes relevant du Commandement des Forces navales. Le Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Khelifa Ounissi, a reçu à son tour son homologue espagnol, Francisco Pardo Piqueras, qui effectuait, hier, une visite en Algérie, «dans le cadre de la coopération policière bilatérale Algéro-espagnole». Ainsi, eu égard aux noms et responsabilités qui figurent dans la délégation espagnole en visite depuis hier en Algérie, les questions migratoires, sécuritaires, de contre le terrorisme et du crime organisé se taillent la part du lion des discussions prévues entre responsables espagnols et algériens. Il faut rappeler que depuis le début de l’année en cours, les côtes espagnoles enregistraient un flux considérable de migrants clandestins en provenance de l’Algérie. Cette hausse, particulièrement inhabituelle, a sonné l’alerte à Madrid tout comme à Alger, y voyant un phénomène nuisible à la sécurité des deux pays. n