Les autorités françaises ont publié, lundi, les chiffres «définitifs » sur l’immigration et la délivrance des visas en 2021 faisant état de 63 649 visas accordés aux Algériens.

Par Nadir Kadi
Hier, plusieurs organes de presse algériens, citant le site spécialisé «SchengenVisa Info », ont fait savoir que 31 955 demandes de visa Schengen déposées par des ressortissants algériens avaient été refusées, en 2021, par les services consulaires français contre 44 032 visas Schengen accordés. Cependant, ce dernier chiffre est contradictoire avec le dernier bilan publié le 20 juin sur le site du ministère français de l’Intérieur, faisant état de 63 649 visas accordés à des Algériens en 2021.
En tout état de cause, le nombre de visas accordés en 2021 apparaît en baisse de 13,1% par rapport aux 73 276 visas délivrés en 2020. La nationalité algérienne est toutefois en seconde position sur les «quinze nationalités auxquelles est délivré le plus grand nombre de visa » selon le document des autorités françaises. Un document qui ne donne toutefois aucune information sur le nombre de visas refusés. En ce sens, il est à rappeler qu’un «différend » sur les questions migratoire et géopolitique et historiques avait éclaté dès septembre 2021 entre Alger et Paris. Un désaccord notamment marqué par la demande des autorités françaises en vue «d’accélérer » la délivrance de laissez-passer consulaire, indispensable à l’expulsion de ressortissants algériens présents de manière illégale sur le sol français sous peine de réduction du nombre de visas qui seront attribués aux Algériens.
Un «contentieux » dont le fondement avait toutefois été démenti par le président Abdelmadjid Tebboune, expliquant, le 10 octobre 2021, que le chiffre avancé par la partie française faisant état de plus de 7 000 personnes en situation irrégulière devant être expulsées, était largement exagéré : «Depuis 2020, nous avons reçu 3 listes avec 94 cas d’Algériens faisant l’objet d’une mesure d’expulsion, dont 21 ont été acceptés et 16 ont été rejetés, car ils sont liés avec des organisations terroristes ».
Quant aux autres chiffres rapportés hier par la presse, ils laissent apparaître que les quatre pays européens où le taux de refus des visas est le plus élevé, en 2021, sont la Suède, la Norvège, la France et le Danemark. Ainsi, 30,6% des demandes formulées aux autorités suédoises par des ressortissants de toutes nationalités ont été refusées. Par ailleurs, et dans un tout autre registre, les chiffres publiés lundi en France montrent également l’impact des «mesures sanitaires » décidées dans le monde durant la pandémie de Covid, Ainsi le pays, considéré comme l’une des principales destinations touristiques n’a délivré que 733 070 visas en 2021, un chiffre bien loin des 3 534 999 visas accordés en 2019 aux ressortissants de différentes nationalités concernés par ce type de documents.
Selon le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés Plus de 18.000 réfugiés et migrants ont traversé la Méditerranée le 1er trimestre 2022
Plus de 18.000 réfugiés et migrants ont traversé la Méditerranée pour rejoindre l’Europe au cours du premier trimestre de 2022, selon le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), faisant état aussi d’un total de 2,3 millions ayant effectué ce même voyage durant les huit dernières années. Malgré les mesures mises en place en 2020, les passeurs se sont rapidement adaptés pour proposer des moyens alternatifs de contourner les contrôles officiels. Ainsi, les flux ont de nouveau commencé à reprendre depuis 2021, suggérant une tendance à la hausse. Selon le HCR, en 2014, plus de 200.000 réfugiés et migrants se sont déplacés de l’Afrique de l’Est et de l’Ouest vers l’Afrique du Nord, puis vers les côtes de l’Europe. L’ampleur du mouvement a atteint un pic en 2015, avec plus d’un million de réfugiés et de migrants arrivés en Europe. Deux années après, le nombre de personnes arrivant en Europe est passé sous la barre des 400.000 et a continué à diminuer progressivement au cours des années suivantes, atteignant un niveau bas au début de la pandémie de Covid-19 en 2020 en raison des mesures visant à empêcher la propagation du virus, ou encore la fermeture des frontières. Par ailleurs, plus de 24.400 personnes ont perdu la vie ou ont été portées disparues en tentant de traverser la Méditerranée, entre 2014 et 2021, selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, alors que de nombreuses autres ont subi des violations innommables de leurs droits humains – «à une échelle probablement plus élevée et plus grave que les estimations déjà alarmantes». Si certaines personnes traversant la Méditerranée sont à la recherche d’une vie meilleure et d’opportunités économiques, beaucoup cherchent à fuir les conflits, la violence ou les persécutions. En 2021, l’Ethiopie figure parmi les 10 premières crises de déplacement interne dans le monde, tandis que l’Erythrée figure parmi les 10 premières crises de réfugiés et que la Somalie, le Soudan du Sud et le Soudan figurent parmi les 10 premières pour les deux types de crises. En plus des menaces subies dans leur pays d’origine, les personnes fuyant les pays de l’Est et de la Corne de l’Afrique «sont souvent confrontées à des abus physiques en cours de route», selon la même source. Si le HCR a réalisé des progrès dans l’assistance aux personnes dans le besoin, un certain nombre de difficultés de sa mise en œuvre continuent de subsister, notamment l’insécurité croissante et le sous-financement, a regretté l’agence onusienne. n