L’Inde a recensé dimanche près de 350.000 nouvelles contaminations au coronavirus sur 24 heures, un record mondial, et les autorités locales ont décidé de prolonger d’une semaine le confinement dans la capitale New Delhi. Le pays, qui compte 1,3 milliard d’habitants, est en proie à une effroyable poussée épidémique avec encore 349.691 nouveaux cas dimanche. L’Inde a parallèlement déploré 2.767 nouveaux décès dus au Covid-19, ce qui est un record national depuis le début de la pandémie. «Nous avons décidé de prolonger d’une semaine le confinement», a annoncé le ministre en chef de Delhi Arvind Kejriwal. «Les ravages du coronavirus se poursuivent et il n’y a pas de répit», a-t-il dit. La capitale, qui compte 20 millions d’habitants, est l’agglomération indienne la plus touchée par l’épidémie. Un confinement d’une semaine y avait débuté le 19 avril pour tenter d’atténuer la pression sur les hôpitaux, confrontés à une grave pénurie d’oxygène. New Delhi n’est pas la seule agglomération indienne actuellement soumise au confinement. Le Cachemire indien est devenu samedi la dernière région en date à annoncer un confinement pour le week-end. Sur les sept derniers jours, l’Inde a enregistré plus de deux millions de nouveaux cas, soit une hausse de 58% par rapport à la semaine précédente, selon des données compilées par l’AFP.

«Une tempête»
La crise met de nouveau en lumière la vétusté du système de santé indien, alors que la colère monte contre le manque de préparation présumé du gouvernement fédéral face à cette vague épidémique. Le pays a administré près de 141 millions de doses de vaccins anti-Covid jusqu’à présent mais les experts estiment qu’il faudrait accroître significativement ce nombre. Dans son allocution mensuelle radiodiffusée, le Premier ministre Narendra Modi a estimé que l’Inde était secouée par «une tempête» et a appelé les gens à se faire vacciner et à ne pas «se laisser influencer par quelque rumeur que ce soit sur les vaccins». Dimanche, Twitter a confirmé avoir supprimé, à la requête des autorités indiennes, des dizaines de tweets qui critiquaient l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire. Le réseau social américain avait déjà accédé à une telle demande en février concernant un mouvement de contestation des agriculteurs. La faiblesse des ressources dans les hôpitaux, où des patients ont péri du fait des pénuries d’oxygène, était dénoncée par certains tweets émanant d’élus de l’opposition. «Quand nous recevons une requête qui est légalement recevable, nous l’examinons au prisme des règles de Twitter et des lois locales», a expliqué Twitter dans un communiqué. Le gouvernement a intensifié les efforts pour l’approvisionnement d’oxygène, avec des trains et des vols spéciaux de l’étranger provenant notamment d’Allemagne, de Singapour ou d’Arabie saoudite. Plus de 500 unités de production d’oxygène seront également installées dans des hôpitaux publics, a déclaré dimanche le ministère de la Santé. Les entreprises privées ont également annoncé leur contribution. L’Allemagne se prépare à fournir à l’Inde une aide d’urgence, a déclaré dimanche la chancelière Angela Merkel. Et les Etats-Unis vont «déployer rapidement un soutien additionnel au peuple de l’Inde et aux héros du système de santé indien», a twitté dimanche le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken. Le Pakistan, ennemi traditionnel, a proposé des équipements et fournitures médicaux et son Premier ministre Imran Khan a envoyé sur Twitter ses prières pour «un rapide rétablissement». La pandémie frappe également ce pays voisin qui a rapporté dimanche 157 décès en 24 heures, le plus fort bilan depuis le début de la pandémie.