L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde hier lundi contre l’écart grandissant entre le nombre de vaccins contre la Covid-19 disponibles pour les pays riches et ceux distribués aux nations plus pauvres par le biais du mécanisme Covax.

Cette mise en garde fait suite à une déclaration du chef de l’ONU, Antonio Guterres, qui a critiqué dimanche le «stockage» excessif de vaccins par les pays développés en les appelant à les partager avec le reste du monde. «L’écart entre le nombre de vaccins administrés dans les pays riches et le nombre de vaccins administrés par le biais de Covax se creuse chaque jour», a déclaré le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. «La distribution inéquitable des vaccins n’est pas seulement un outrage moral, elle est aussi économiquement destructrice», a-t-il ajouté lors d’une conférence mondiale virtuelle consacrée à la vaccination dans le monde, accueillie par Abou Dhabi. «Tant que le virus continuera à circuler, des gens continueront à mourir, le commerce et les voyages continueront à être perturbés, et la reprise économique sera retardée», a-t-il ajouté. Plus de 510 millions de de vaccins ont été distribués dans le monde, selon les responsables de la santé, mais les écarts entre les pays restent importants, ce qui a amené l’OMS à lancer vendredi un appel aux nations les plus riches pour qu’elles fassent don de vaccins aux pays plus pauvres. M. Tedros a indiqué lundi que 36 pays n’avaient toujours pas reçu la moindre dose. Seize d’entre eux devraient recevoir leurs premières doses par le biais de Covax au cours des deux prochaines semaines, a-t-il déclaré. Pour sa part, l’Unicef a exhorté lundi les pays riches à faire des dons pour assurer une distribution équitable des vaccins, ajoutant que 510 millions de dollars sont nécessaires pour soutenir la distribution dans le monde entier. «Nous avons besoin d’aide», a déclaré Henrietta Fore, directrice générale de l’agence onusienne pour l’enfance lors de la conférence virtuelle. «Nous avons besoin que les fabricants de vaccins donnent la priorité à Covax et s’efforcent d’obtenir l’approbation réglementaire pour une distribution rapide, équitable et abordable», a-t-elle ajouté. «Nous avons besoin que les nations les plus riches fassent don de doses supplémentaires par le biais de Covax», le système destiné à approvisionner les pays défavorisés, a insisté Mme Fore. Covax devait permettre de distribuer quelque 238 millions de doses dans le monde d’ici à la fin du mois de mai mais à ce jour, seuls 32 millions de doses ont été expédiées, selon le site internet de cette initiative.
Accord pour produire 60 millions de doses du vaccin russe Spoutnik V en Chine
La firme pharmaceutique chinoise Shenzhen Yuanxing Gene-tech va produire 60 millions de doses du vaccin russe contre le coronavirus Spoutnik V, a indiqué lundi le Fonds souverain russe (RDIF) qui a financé son développement. Dans un communiqué, le Fonds a précisé que ces doses permettraient de vacciner «plus de 30 millions de personnes» et que leur production commerciale doit commencer en mai 2021. Le PDG du Fonds, Kirill Dmitriev, cité dans le communiqué, a indiqué que cette collaboration permettra «d’augmenter les capacités de production des doses supplémentaires alors que nous assistons à une augmentation de la demande du vaccin russe dans le monde». Selon le RDIF, le Spoutnik V est désormais autorisé dans 57 pays, couvrant 1,5 milliard de personnes, mais pas encore en Chine. Contacté par l’AFP, un porte-parole du Fonds a précisé qu’il s’agissait du second accord de production de ce vaccin avec Pékin. Le premier, conclu avec la firme chinoise Tibet Rhodiola, remonte à novembre dernier. Faute de pouvoir en produire suffisamment et souhaitant dédier en priorité sa production à la population russe, Moscou n’a livré jusqu’à présent que des quantités réduites du Spoutnik V à l’étranger. Ces approvisionnements ont cependant été mis en avant à grand renfort de publicité. La Russie cherche à diversifier les sources de production pour son vaccin en multipliant les accords avec des firmes étrangères. Rien qu’en Inde, des contrats avec plusieurs groupes pharmaceutiques portant sur quelque 700 millions de doses ont été signés ces dernières semaines. Les Occidentaux accusent Pékin et Moscou d’utiliser leurs vaccins comme un outil d’influence géopolitique, des accusations que les deux puissances rejettent. (APS et AFP)