Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les Philippines ont signalé avant-hier dimanche, la mort à Manille d’un Chinois de 44 ans, originaire de la ville de Wuhan où l’épidémie de pneumonie virale a démarré en décembre. «Il s’agit du premier décès signalé en dehors de la Chine », a déclaré le représentant de l’OMS aux Philippines, Rabindra Abeyasinghe.
Cette annonce survient alors que la métropole de Wenzhou a rejoint la liste des villes chinoises confinées et qu’un nombre croissant de pays ferment leurs frontières aux personnes venant de Chine. Tandis que le virus s’est propagé dans 24 pays, les ministres de la Santé des pays du G7 vont se concerter pour apporter une réponse « uniforme » face à l’épidémie, a annoncé dimanche le ministre allemand de la Santé. « Nous avons convenu qu’il doit y avoir une conférence téléphonique des ministres de la Santé du G7 », a expliqué Jens Spahn. Les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines, l’Irak et Israël notamment ont interdit l’entrée sur leur territoire aux étrangers s’étant récemment rendus en Chine. La Mongolie, la Russie et le Népal ont fermé leurs frontières terrestres avec la Chine et la Papouasie-Nouvelle Guinée a fermé mercredi ses ports et ses aéroports à tous les voyageurs en provenance d’Asie.
Pour leur part, la Grande-Bretagne, la Russie et la Suède ont annoncé leurs premiers cas confirmés durant le week-end. Parallèlement, les opérations de rapatriement d’étrangers se trouvant en Chine se poursuivent: Au Maghreb, l’Algérie a rapatrié, hier à la demande de leurs gouvernements, dix Tunisiens et des étudiants libyens toujours à Wuhan, avec les 36 Algériens, majoritairement des étudiants. Au Maroc, un avion transportant 167 Marocains de Wuhan a atterri dans la matinée de la journée d’hier, aussi, à Benslimane, entre Rabat et Casablanca. L’OMS a classé jeudi l’épidémie comme « une urgence de santé publique de portée internationale » et de nombreux pays ont annoncé des mesures exceptionnelles.
En Chine, selon un dernier décompte annoncé dans la nuit de dimanche à lundi, le nombre de morts s’élevait à 361, dont 57 décès lors de la journée de dimanche. Il y a désormais dans ce pays plus de morts dus à ce coronavirus qu’à l’épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui avait fait 349 victimes.
Le nombre d’infections confirmées en Chine a grimpé à plus de 17.200, dépassant largement celui du Sras, qui avait tué, au total, 774 personnes, majoritairement en Chine continentale et à Hong Kong. Pékin a pris des mesures sans précédent pour limiter les déplacements des personnes. Depuis le 23 janvier, quelque 56 millions d’habitants sont confinés dans la province du Hubei et sa capitale Wuhan (11 millions d’habitants) où le virus a déjà contaminé 661 personnes. Dimanche dernier, le confinement a été étendu à Wenzhou, ville portuaire de plus de 9 millions d’habitants située à quelque 800 km à l’est de Wuhan. Avec 265 cas de contamination, Wenzhou est l’une des villes chinoises les plus touchées. Les habitants ont désormais l’obligation de rester chez eux. Seule une personne par foyer est autorisée à sortir une fois tous les deux jours pour faire les courses. Les transports publics sont suspendus ainsi que les autocars, longue distance. Les grands axes routiers sont presque entièrement fermés. Pour soutenir son économie fragilisée par l’épidémie, La Chine a annoncé il y a deux jours, l’injection de 1 200 milliards de yuans (156 milliards d’euros). <