Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a révélé, hier mardi, que plus de 600 «incidents violents» au sein de structures de santé avaient été recensés depuis le début de la crise du Coronavirus. Des actes enregistrés dans une quarantaine de pays et qui ont principalement touché et mis en danger les personnels de santé. Le responsable du CICR, Maciej Polkowski, a ainsi dénoncé cette situation en précisant que cette «crise a mis en danger les personnels de santé à un moment où on avait le plus besoin d’eux».
Le bilan du CICR détaille très exactement un total de «611 incidents», répartis en «actes de violence», «harcèlement» et «stigmatisation». Le CICR explique que ces actes avaient eu lieu au début février et fin juillet au niveau des structures de santé de «40 pays», et ont été à plus de 20% des «agressions physiques», à 15% des actes de «discrimination fondée sur la peur», et à 15% des «attaques ou des menaces verbales». Les victimes de ces violences ont quant à elles été des membres des personnels de santé dans «67% des cas enregistrés». Les malades n’ont également pas été épargnés, le CICR ajoute en ce sens que 22% des 611 «incidents violents» ont été dirigés contre «des personnes blessées, malades ou soupçonnées d’être malades», et «5% contre des déplacés internes ou des réfugiés». Une situation qui n’a pas épargné les structures de santé en Algérie où plusieurs «incidents» et même «intrusions» dans des hôpitaux ont mis en danger les soignants, les malades et le personnel admiratif. Une ordonnance modifiant le Code pénal a en ce sens été adoptée à la fin du mois de juillet dans le but d’apporter une «protection pénale» aux personnels des établissements de santé publique et privée «contre les agressions verbales et physiques» ou encore contre les «atteintes à la dignité des patients» ou la destruction des biens des établissements de santé. Les contrevents s’exposent ainsi à de très lourdes peines, des condamnations qui peuvent aller de deux ans à la prison à perpétuité, selon les situations, circonstances et «motivation» de chaque cas. En ce sens, le CICR a fait savoir à propos des «raisons de violences» que la peur des contaminations avait été à l’origine d’un grand nombre d’incidents. «Les actes de violence commis contre les personnels de santé et les patients sont souvent motivés par la peur de contracter le virus et par un manque de connaissances élémentaires sur la Covid-19», explique Esperanza Martinez. Le CICR appelle de ce fait à «lutter contre la désinformation qui contribue à ces incidents et à faire en sorte que les professionnels de la santé puissent travailler en toute sécurité». <