Quoi amputer ? A qui l’imputer ? La violence est partout lorsque la conscience est nulle part. La responsabilité est générale car tout le monde a sa part. Bien que chacun s’en lave les mains et s’en départit. Aujourd’hui, l’agressif est omniprésent lorsque le coercitif est devenu insuffisant. A défaut de mettre un terme aux dépassements et de pouvoir maîtriser le danger, il est peut-être temps d’arrêter le football pour soigner les mentalités et les changer.

Après tout, que reste-t-il de cette balle ronde qui suscite le consternant et l’immonde ? Absolument rien. Pire encore, le loisir c’est de venir se défouler dans les enceintes et alentours pour ceux qu’on appellera des « hors-la-loi ». Tout le monde veut dicter la sienne dans son territoire. La haine, les représailles et le régionalisme sont désormais des tumeurs qui ont métastasé le sport-roi. Une discipline infestée à tous les niveaux. Qui touche le haut et le caniveau. Les remèdes, il n’y en a pas vraiment car le mal semble ancré. La plaie assez béante pour être refermée. En découdre à défaut de coudre. Jouer des coudes pour que la franchise ait les coudées franches dans sa course au titre ou la lutte pour le maintien. L’enjeu ne tue pas que le jeu car il prend littéralement des vies. Il n’y a pas plus édifiant pour montrer que notre foot dévie. Qu’une rencontre ne favorise plus l’entente car ce qui peut s’y passer dépasse –souvent – tout entendement. « Vaincre ou mourir » n’est plus au sens figuré d’un fair-play qu’on a tabassé  jusqu’à le défigurer. Le propre et l’intègre ont laissé place au macabre et à l’atteinte à l’intégrité. Une révision intégrale doit être établie pour que l’ordre soit rétabli. Le rétablissement n’est certainement pas pour demain dans un football-circus où l’on voit des attitudes relevant de la préhistoire. Dilapidation d’argent, lapidation de l’esprit sportif, chacun jette la pierre à l’autre pour le tenir responsable des maux. Quant à nous, on ne pourra que condamner vigoureusement avec ces quelques mots.