La ministre de l’Education nationale a longuement évoqué les «défis» à relever pour «construire une Ecole de qualité» et «passer d’une école ouverte à tout un chacun à une école de la réussite pour tout un chacun», a-t-elle lancé, hier à Alger, dans une longue tirade. 

Intervenant dans le cadre d’une journée d’études, initiée à la Bibliothèque nationale d’El Hamma à Alger par l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE) et intitulée «L’implication des parents d’élèves dans la scolarité de leurs enfants», Nouria Benghebrit a exprimé ses condoléances à la famille de l’adolescent récemment assassiné à Skikda et à la famille de l’éducation.
«Je suis triste comme vous en raison de ce qui passé à Skikda », a-t-elle d’emblée entamé son discours. «La violence est transversale, elle n’est pas propre à l’école. Il y a de nouveaux quartiers, de nouvelles cités, donc de nouveaux comportements et de nouvelles habitudes. Le pire est à craindre si nous ne prenons pas nos dispositions, si nous n’anticipons pas sur cette violence», a-t-elle lâché, prenant visiblement ses distances avec les propos rassurants tenus récemment par le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, selon lesquels il ne s’agit que de «quelques incidents isolés». «Les quelques incidents enregistrés dans certaines nouvelles cités sont des actes isolés qui ne peuvent être assimilés à un phénomène de violence», avait, en effet, récemment affirmé Noureddine Bedoui.
«La situation réelle est loin de l’amplification médiatique et des rumeurs relayées sur les réseaux sociaux», avait-il estimé. «Certaines actions ont des retombées négatives qui ne surgissent que bien plus tard. Il s’agit maintenant de conjuguer les efforts», a répété par deux fois la ministre, tout en invitant le partenaire social, syndicats autonomes et parents d’élèves confondus, à «s’impliquer» et «faire preuve de solidarité».
Sur sa lancée, la ministre a également minimisé l’ampleur du mouvement de contestation de l’Intersyndicale. L’état délabré des écoles et les conditions défavorables dans lesquelles se débattent les enfants aussi. Sur ce registre, Nouria Benghebrit refuse d’endosser la responsabilité dans la gestion des enceintes éducatives, tout comme elle ne rejette pas la balle dans les camps des collectivités locales. Elle préfère plutôt inviter les parents d’élèves à s’impliquer davantage, en comptant sur leur «esprit de solidarité». Prenant le seul et unique exemple du mazout, elle dit que «les parents d’élèves peuvent bien s’en charger». «Il faut passer de la culture de la revendication continue à la culture de la contribution et de la culture de la participation», a-t-elle argumenté, disant que «les conditions matérielles et morales ne sont pas un gage de réussite scolaire». La ministre a également tenté de justifier ses reculades, notamment celles liées à la réforme de l’examen du baccalauréat et de la durée des vacances scolaires. A ce propos, elle a dit que «l’élève est instrumentalisé» sans, cependant, nommer une partie particulière. «Il y a une forte volonté politique (…) qui exige du concret», a-t-elle également dit. «Ce dont on a besoin, c’est de mobiliser et c’est plus compliqué», a-t-elle reconnu.
Questions pratiques, la ministre a annoncé que les préparatifs de l’année scolaire 2017-2018 ont déjà été entamés. Elle a également rappelé qu’une large consultation sur le système et le mode d’évaluation est à pied d’œuvre. Cette consultation servira de prélude à une rencontre nationale, pour avril prochain, censée déboucher sur une série de mesures à adopter, notamment sur le volet pédagogique.
La ministre a également tenu à profiter de la tribune offerte pour appeler à la sérénité dans le secteur. «Pour instruire et éduquer, il faut de la sérénité. L’enseignant a besoin de la confiance des parents d’élèves et de la reconnaissance des efforts qu’il fournit », a-t-elle conclu.