Il ne reste plus que quatre journées avant la fin des championnats 1 et 2 Mobilis de football et il faut une véritable prise de conscience, de la solidarité et surtout une mobilisation collective pour tenter de terminer la saison sans violence.

Les derniers évènements d’Oran et de Constantine, qui ont enregistré la mort de deux supporters, un de la JS Kabylie et l’autre du CS Constantine, sont là pour témoigner, si besoin est, de l’urgence pour combattre ce fléau très nuisible à la société.
Des scènes de violence dans et en dehors des enceintes sportives sont devenues d’une récurrence véritablement alarmante en Algérie, en particulier, ces dernières années.
Pourtant, sur le plan juridique, les lois et règlements existent bel et bien pour non seulement  combattre cette violence mais, surtout, pour une véritable sensibilisation contre ce fléau négatif, remarquable dans l’environnement sport algérien. Ce qui manque, c’est justement l’application stricte et rigoureuse de ses lois et règlements.  Et c’est là, où l’on remarque l’absence des responsables.

Lois et règlements non appliqués
A titres d’exemples, la première loi d’importance capitale n’est autre que  la loi n° 13-05 du 23 juillet 2013 relative à l’organisation et au développement des activités physiques et sportives. Et à ce propos, un bon chapitre est consacré à la lutte contre la violence dans les stades. On notera plus d’une douzaine d’articles dédiés à ce fléau.
« La prévention et la lutte contre la violence dans les infrastructures sportives lors ou à l’occasion du déroulement des manifestations sportives constituent des actions permanentes et prioritaires pour le développement et la promotion des activités physiques et sportives. Les règles de prévention et de lutte contre la violence dans les infrastructures sportives sont définies conformément aux dispositions de la présente loi », est-il bien écrit. Sans entrer dans les détails de ces articles, il faut donc reconnaître que la loi est bien là. Son application sur terrain laisse vraiment à désirer, faut-il le faire observer.

Des comités de supporters
Mieux encore, pour tenter de réduire au maximum les effets négatifs de la violence dans les stades, il y a lieu de relever le rôle important que doivent jouer les comités de supporters qui, eux, aussi, ne jouent pas leur rôle tel que défini notamment dans le décret paru dans le Journal Officiel n°2 du 25 janvier 2015. Ce décret définit parfaitement les conditions et modalités de constitution, d’organisation et de fonctionnement des comités de supporters. Dans l’article 2, il est bien stipulé que « les comités de supporters sont chargés notamment d’encadrer et d’organiser les supporters à l’occasion des manifestations et compétitions sportives avec la collaboration des clubs et associations sportifs concernés et en relation avec les différents opérateurs et organisateurs, de participer à toutes mesures facilitant l’accueil d’équipes sportives visiteuses et de leurs supporters, de promouvoir le fair-play, de propager et de sauvegarder l’éthique sportive parmi leurs membres, notamment par des actions de sensibilisation envers les supporters, de participer à la détermination et à la mise en œuvre de toutes mesures susceptibles de prévenir et de lutter contre la violence dans les infrastructures sportives dans le strict respect des lois et règlements en vigueur… »
Hélas, sur le terrain, on remarque beaucoup plus l’intérêt du club qui est favorisé au détriment de l’intérêt général…

Quid de la commission nationale de prévention et de lutte contre la violence ?
D’autre part, les membres de la commission nationale exécutive de prévention et de lutte contre la violence dans les infrastructures sportives ont été installés au mois d’avril 2015, lors  d’une réunion extraordinaire, présidée par l’ancien  ministre de la Jeunesse et des  Sports, El Hadi Ould Ali. Cette commission, présidée par un cadre du ministère de la Jeunesse et des Sports, à savoir Réda Doumi, regroupe les diverses parties et acteurs  engagés dans la lutte contre la violence dans les infrastructures sportives. Mais, on ne voit rien venir de son côté pour combattre ce fléau. L’objectif de cette commission est la promotion  du fair-play, des valeurs olympiques et du respect de l’adversaire. Sa mission sera également de sensibiliser les supporters sur les dangers  de la violence dans les infrastructures sportives à travers un dialogue et une coordination entre tous les acteurs. Au mois d’avril 2017, les membres de cette commission ont étudié un projet de décret «fixant les modalités d’établissement et de mise à jour du fichier national des personnes interdites d’accès dans les infrastructures sportives». Un texte qui devait voir le jour, censé contribuer à la lutte contre la violence dans les stades, est toujours en attente ! Et c’est d’ailleurs le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Hattab, qui vient d’annoncer un nouveau plan antiviolence. « Nous nous activerons pour l’établissement d’un fichier national pour recenser les supporters violents… », a-t-il indiqué.

La FAF « hors-jeu » !
Quant à  la Fédération algérienne de football (FAF), elle est vraiment « hors-jeu » dans ce combat contre la violence. Depuis la phase retour, par exemple, aucune action de sensibilisation ni de lutte contre ce fléau n’est fait par cette institution spécialisée dans le football. Mieux encore, la commission de discipline se permet même le luxe de prendre des décisions avec « deux poids et deux mesures » lorsqu’il s’agit de trancher des actes relatifs à la violence dans les stades de football. Plus grave encore, la FAF n’est pas du tout pressée, apparemment, pour actionner les 18 recommandations du denier Symposium qu’elle a organisé  pour le « Renouveau du football algérien » ! Reste donc de « revoir » la formation des stadiers et leur redéploiement d’une manière plus pratique dans l’intérêt général et non « clubard » pour tenter d’endiguer ce fléau nuisible pour toute la société.