Vingt jours après les incendies dévastateurs, qui ont débuté le 9 août en cours, en Kabylie, avant de toucher d’autres régions du pays, notamment l’Est, Skikda, El Tarf, Jijel, Sétif, Annaba, le bilan officiel des pertes en vies humaines n’est pas encore établi au moment où des voix officielles misent sur l’entame de l’opération des indemnisations au profit des familles des victimes et des sinistrés.

PAR NAZIM B.
En effet, si le département de l’Agriculture a établi son bilan, qui fait état de 89 000 hectares ravagés dans 35 wilayas du Nord et Nord-Est du pays, celui des collectivités locales peine à établir le sien, étape pourtant importante, voire incontournable, pour mettre en branle la campagne d’indemnisation des familles des victimes.
Pourtant, le chef de l’Etat a instruit, lors de l’installation de la commission nationale chargée justement de l’évaluation et de l’indemnisation «de procéder dans l’immédiat à l’indemnisation des sinistrés». Ce qui n’est pas, hélas, fait, pour le moment. Et si les caravanes de solidarité venant de l’ensemble du pays affluent encore vers les villages les plus sinistrés de Larbaa Nath Irathen, Ath Yenni et autres communes, auxquels sont remis des quantités importantes de denrées de tout genre, cela ne fait pas oublier aux concernés la lenteur qui marque le recensement des pertes en vies humaines.
Fortement endeuillé par les incendies, Ikhlidjen, village situé dans la commune de Larbaa Nath Irathen, qui, après avoir enterré ses 25 enfants calcinés par les feux, tente de reprendre vie malgré le poids de la douleur. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, des citoyens du village, assistés par ceux des hameaux limitrophes et d’autres venus de très loin, des bénévoles ont entamé vendredi une opération de nettoyage des séquelles des incendies avec l’espoir de sonner le déclic dans la tête des gens fortement marqués par l’ampleur du drame.
Cette initiative citoyenne a été, par ailleurs, suivie par celle des autorités dans la mesure où le ministère de l’Agriculture mène, depuis hier, une opération d’assainissement et de nettoyage de tous les espaces végétaux dans au moins cinq wilayas, Béjaïa, Khenchela, Tizi-Ouzou, Tébessa et Souk Ahras. Pour leur part, les élus de l’APW de Tizi Ouzou ont voté à l’unanimité des présents, une délibération pour demander le classement des localités touchées par ces incendies comme «zones sinistrées». Le président de l’APW, Youcef Aouchiche, a indiqué, à cette occasion, que «au vu de l’étendue des dégâts, notre Assemblée réitère sa demande d’inscrire les régions touchées par les incendies comme zones sinistrées et d’allouer les dotations budgétaires nécessaires pour l’indemnisation des victimes et la reconstruction de ce qui a été détruit par les flammes». Il a aussi souligné que l’APW de Tizi Ouzou «exige l’ouverture d’une enquête impartiale et approfondie pour mettre toute la lumière sur ce drame national».
De son côté, le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a lancé, à partir de Tizi-Ouzou, l’opération de remise de l’allocation financière dédiée aux familles des victimes des incendies qui ont touché plusieurs wilayas du pays, particulièrement Tizi-Ouzou.
La ministre a procédé à cette occasion à la remise de chèques au profit de 28 familles endeuillées par la perte d’un être cher «conformément aux décisions du Président d’octroyer une allocation financière de 1 million de DA à chaque famille des victimes des feux de forêt», a-t-elle souligné.