Le 3 février 1930, le Parti communiste vietnamien (PCV) est fondé. Sa naissance sert de jalon historique d’un tournant de la révolution vietnamienne faisant entrer la lutte du Vietnam dans une nouvelle période de développement.

Par Mohamed Berzig*
Chaque victoire de la révolution vietnamienne est indissociable du rôle du PC vietnamien et du Président Hô Chi Minh, organisateur et auteur de toutes les victoires de la révolution vietnamienne. Confrontés à leurs missions historiques, le PCV et l’Oncle Hô ont déterminé exactement et en temps opportun les lignes et les stratégies pour amener la révolution de victoire en victoire.

Affiche sur le 90e anniversaire de la fondation du Parti communiste vietnamien
Le leader Nguyên Ai Quôc-Hô Chi Minh et le Parti communiste vietnamien ont trouvé dans le marxisme-léninisme la voie pour sauver le pays, libérer la nation, déterminer correctement la voie révolutionnaire et faire entrer leur peuple dans une nouvelle ère d’indépendance nationale associée au socialisme.
Avant 1930, alors que le PCV n’a pas encore vu le jour, le Vietnam était écrasé sous le joug de la domination et de l’oppression durant plus de 80 ans de colonialisme français et des centaines d’années de féodalisme corrompu.
De nombreuses luttes pour l’indépendance nationale ont éclaté sans interruption, mais ont tous échoué en raison d’un manque de voie politique convenable. Le mouvement «Cân Vuong» mené par des érudits patriotiques ainsi que les révolutions paysannes ayant pris l’idéologie féodale comme base, se sont révélés dépassés et impuissants face aux tâches historiques. Même les mouvements sous les couleurs de la bourgeoisie nationale n’ont pas tardé à révéler leurs points faibles et ont été voués à l’échec.
Le mouvement de lutte révolutionnaire de la coalition entre d’une part la classe ouvrière et d’autre part la paysannerie et d’autres classes travailleuses, réunies sous la bannière du Parti communiste vietnamien fondé par le leader Nguyên Ai Quôc, prenant le marxisme-léninisme comme base idéologique et principes directeurs des actions révolutionnaires, était le seul à réussir à matérialiser l’objectif de la lutte pour l’accès à l’indépendance nationale et la progression vers le socialisme, au prix des victoires glorieuses.
Le bon choix de la voie révolutionnaire par le Vietnam au cours de ces 90 dernières années était associé au nom et à la carrière révolutionnaire du leader Nguyên Ai Quôc-Hô Chi Minh. En patriote s’étant imprégné du marxisme-léninisme et de l’esprit de la Révolution d’Octobre russe, il s’est vite rendu compte que «parmi les nombreuses doctrines et théories existantes d’alors, la plus sûre et la plus révolutionnaire était le léninisme». Le marxisme-léninisme était la doctrine la plus révolutionnaire et la plus scientifique pour la libération de la classe, la libération de la nation et la libération des peuples.
Dès les premières années 20 du XXe siècle, Hô Chi Minh a fait un bon choix pour confirmer le chemin vers la victoire de la révolution vietnamienne. «Il n’y a pas d’autre voie que la révolution du prolétariat», a-t-il déclaré. Au milieu de toutes les vicissitudes de son existence, de ses riches activités révolutionnaires et de ses vérités scientifiques, il est arrivé à la conclusion que le communisme était le seul qui pût sauver l’humanité, rendre aux populations sans discrimination de race et d’origine la liberté, l’égalité, la fraternité, la solidarité, l’épanouissement sur Terre, l’emploi pour tous, la joie, la paix et le bonheur.

Le Parti communiste vietnamien suit toujours de près les pratiques révolutionnaires, analyse en profondeur la situation, contrôle les contradictions fondamentales, voit clairement les principales contradictions de chaque période, détermine correctement les tâches stratégiques de la révolution.
Au début du XXe siècle, le Vietnam était un pays moitié colonial moitié féodal. La politique d’exploitation oppressive et brutale du colonialisme français a été à l’origine de violents conflits entre, d’une part, le peuple vietnamien tout entier et, de l’autre, le colonialisme français et ses valets.
De telles contradictions ne pouvaient être résolues que par la voie d’une révolution violente, implacable et «exhaustive». Dès le premier jour de sa création, le PCV a clairement défini les rapports étroits entre les tâches stratégiques de la révolution vietnamienne pour l’indépendance nationale et la démocratie associée au socialisme. Dans ses «Thèses politiques» (adoptées en octobre 1930 par le Parti communiste indochinois prédécesseur du Parti communiste vietnamien – NDLR), le Parti a clairement défini la politique consistant à «faire la révolution bourgeoise et foncière pour aller vers la société communiste» et à «se débarrasser des impérialistes français et des féodaux» et «rendre le Vietnam complètement indépendant».
Depuis la création du Parti communiste vietnamien, la révolution dans le pays a fait d’importants progrès et récolté de glorieuses victoires, rendant progressivement l’indépendance, la liberté, la prospérité et le bonheur au peuple.
Le triomphe de la Révolution d’Août a été à l’origine de la naissance de la République démocratique du Vietnam le 2 septembre 1945, ouvrant une nouvelle ère au peuple vietnamien, celle de l’indépendance nationale associée au socialisme. Le destin du Parti est associé à celui de la classe ouvrière, des travailleurs et de la nation tout entière. Les relations étroites réunissant le Parti et les masses populaires servaient de base à la force et à la victoire de la révolution vietnamienne. Dans un article publié à l’occasion du 30e anniversaire de la fondation du PCV, Hô Chi Minh a souligné : «Le Parti a rassemblé les grandes forces révolutionnaires autour de la classe ouvrière. Les partis des autres classes soit ont échoué soit se sont trouvés isolés. Par conséquent, la direction de notre Parti – le Parti de la classe ouvrière – s’est constamment consolidée et renforcée.»

Le Parti se rend compte toujours bien de la situation qui se présente et la contrôle pour déterminer les tâches et les méthodes révolutionnaires susceptibles de faire avancer le pays et permettant de remporter de nombreuses grandes victoires.

Le secrétaire général du Parti communiste vietnamien, Nguyên Phu Trong.

En réalité, le Parti associe toujours la préparation persistante des forces à la saisie de l’opportunité. Lorsque l’occasion se présente, le Parti la profite afin de rassembler la population et de l’encourager à se lever pour la lutte. La VIIIe conférence du Comité central du Parti (10 mai-19 mai 1941) a décidé de changer de stratégie de la lutte révolutionnaire pour fonder le Front Viet Minh, appelant l’ensemble de la population à s’assembler pour lutter contre le fascisme, reconquérir l’indépendance et la liberté de la nation. Après la défaite de l’Allemagne nazie et de l’Italie et au moment où les fascistes japonais étaient sur le point de lever le drapeau blanc (juillet 1945), Hô Chi Minh a fait preuve de sagesse en déterminant le moment de se lever qui se présentait et lançant à ses camarades : «Maintenant que l’opportunité se présente, nous devons accéder à l’indépendance quelques soient les sacrifices, même si la chaîne de montagnes de Truong Son doit être brûlée.»
Immédiatement après la Déclaration de l’indépendance (2 septembre 1945), le Président Hô Chi Minh et le Parti communiste vietnamien ont excité les Vietnamiens à se lancer dans la réalisation des deux tâches stratégiques liées à la mise en place d’un gouvernement révolutionnaire et à sa protection, la priorité étant donnée à la première servant de base à la seconde.
Au cours des neuf ans de la guerre de résistance anti-française, le Comité central du Parti et l’Oncle Hô ont défini une ligne adéquate et créative : «Implication des populations toutes entières, dans tous les domaines, dans de longues années, avec ses propres forces», lutter en même temps que construire le pays. C’est ainsi que les rapports des forces ont été transformés et ont tourné en faveur de la révolution, la poussant progressivement vers la victoire finale.
Après 1954, le Nord-Vietnam a été complètement libéré alors que le Sud du pays se trouvait sous l’occupation des États-Unis et de leurs valets. La situation d’alors et la réalisation des différentes contradictions dans chaque partie du pays ont amené le PCV et Hô Chi Minh à identifier deux tâches stratégiques de la révolution vietnamienne : construire activement le socialisme au Nord et faire une révolution radicale pour la libération nationale dans le Sud avant d’atteindre les objectifs de libération nationale dans tout le pays et de progression vers le socialisme. Il convient de noter que les deux révolutions s’identifient dans la trajectoire de la révolution prolétarienne et se lient étroitement l’une à l’autre. Hô Chi Minh a souligné : «Quelle est la tâche de maintenant du Parti et de notre peuple ?
Faire progresser le Nord vers le socialisme servant de base à la lutte pour la réunification du pays.
Et pour réunifier le pays, nous devons définitivement construire le socialisme dans le Nord.» La tâche de construction nationale doit passer avant tout, mais il ne faut pas négliger celle de défense de la Patrie qui est la pensée stratégique approfondie de la révolution vietnamienne.Le Parti, s’imprégnant toujours de la nature révolutionnaire et scientifique du marxisme-léninisme et des pensées Hô Chi Minh, et fort des expériences acquises de dans la réalité, trouve toujours la bonne voie pour créer les grands tournants de la révolution vietnamienne. La rénovation du pays a été décidée par le Parti dans le contexte où les évolutions de la situation mondiale étaient compliquées et que le pays en butte à des difficultés. Cette œuvre met en évidence les réalisations énormes et d’un sens historique obtenues après plus de 30 ans, qui, de là, confirment les beaux idéaux du communisme, la vitalité durable du socialisme réel et la vision stratégique du Parti communiste vietnamien.
La paix a été rétablie au Vietnam qui, réunifié, est entré dans une période de transition vers le socialisme. Mais l’application dans le pays des modèles et des expériences des pays socialistes n’a pas tardé à révéler défauts et erreurs. Regardant les choses en face et disant la vérité, le PCV a décidé de corriger les défauts, de tirer sans tarder les enseignements des succès, des erreurs et des échecs, tout en persistant dans la voie de la rénovation suivant l’orientation socialiste.
Maintenir les principes de l’indépendance, de la créativité, de la loyauté envers les intérêts du peuple, s’en tenir aux réalités de la vie, déterminer les bonnes directives et politiques sont le secret du succès du Parti communiste vietnamien. Dès le départ, le Parti s’est fixé l’étape de percée de la cause de la rénovation comme un renouvellement de la pensée, tout en mettant l’accent sur la rénovation économique.
La rénovation économique combinée à celle dans le domaine politique sert de base à la cause de la rénovation globale du pays, consistant à mettre en place une nation avec «une population riche, un pays fort, une société démocratique, équitable et civilisée». Construire un véritable État de droit socialiste du peuple, par le peuple et pour le peuple, promouvoir la force de l’unité de la nation tout entière pour mener à bien deux tâches stratégiques de construction et de protection nationales au Vietnam.n

  • Secrétaire général de l’Association d’amitié Algérie – Vietnam