Une vidéo amateur montrant plusieurs policiers en civil, du commissariat de Marsat Ben M’hidi (Tlemcen), usant de leur arme, est devenue virale depuis jeudi dernier sur Internet et a suscité une vive polémique.
Ces images, filmées durant la nuit du mercredi à jeudi par un témoin à quelques mètres de la scène, montrent clairement des policiers en civil usant de leurs armes en direction d’une cible « inconnue ».
Dans la vidéo, des coups de feu retentissent. Une rafale d’une vingtaine de tirs est entendue. On y voit par la même occasion des policiers en civil, mais pas les auteurs des tirs. Puis, surgit un policier empoignant un jeune désarmé et un autre policier, armé d’un gourdin, qui s’est mis à frapper violemment le jeune qui hurlait de douleur. A ce stade, personne ne comprend ce qui s’est passé réellement, vu que, sur les réseaux sociaux, les versions divergent. La première qui a été raportée sur les réseaux sociaux est qu’«un groupe de personnes armées de couteaux a tenté de libérer un baron de la drogue qui avait été arrêté dans la matinée».
Cependant, ce n’était pas le cas, selon le journal El Watan, qui a affirmé que « suite à un crime crapuleux, dont a été victime un jeune de 25 ans, des jeunes sont sortis dans la rue dans la nuit de mercredi à jeudi pour dénoncer l’insécurité à Marsat Ben M’hidi, une station balnéaire qui reçoit 2 millions d’estivants en cette période». La même source ajoute que «la police a réagi violemment en usant d’armes à feu et en tabassant sans pitié des jeunes innocents». La direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) n’a pas tardé à communiquer et donner sa propre version. Selon la DGSN, «durant la matinée du 15 août, les services de police de la Sûreté de daïra de Marsat Ben M’hidi ont arrêté le conducteur d’un véhicule, impliqué dans un accident qui a coûté la vie à un jeune homme près de la plage de Marsat Ben M’Hidi». Suite à ces faits, près de cent personnes en état d’excitation se sont présentées devant le commissariat, munies d’armes blanches, de pierres et de bâtons. Des faits que l’on ne retrouve pas sur la vidéo circulant sur Internet. Ces personnes ont exigé qu’on leur remette le conducteur arrêté, qui fait l’objet de procédures légales suite à son implication dans un accident qui a causé la mort d’une personne.n