Les dépouilles des deux Algériens tués dans l’attentat, perpétré dimanche dernier contre la mosquée de Québec, ont été rapatriées hier matin et accueillies dans une atmosphère de douleur.

 

Enveloppés du drapeau algérien, les deux cercueils sont arrivés, hier à 7 heures à l’aéroport d’Alger, où une prière a été prononcée avant que les  épouilles ne soient transportées par ambulances pour être remises à leurs familles.
Membres de la famille, amis et quelques connaissances étaient venus accompagner le cortège funèbre. Le plus étonnant fut l’absence remarquée de hauts responsables du gouvernement, à savoir les ministres ainsi que le wali d’Alger, à l’arrivée des  dépouilles mortuaires.
Hassen Rabehi, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères (MAE), était le seul officiel présent. Dans une déclaration à la presse, ce dernier condamnera fermement ces attentats, appelant « les Algériens dans le monde entier à être vigilants ».
A cet effet, il a présenté ses condoléances aux familles des deux victimes au nom du gouvernement. Il rappellera que « toutes les dispositions ont été prises par nos services consulaires pour permettre le retour et l’enterrement dans leur pays natal et parmi les leurs feux Abdelkrim Hassane et Khaled Belkacemi ».

Le témoignage poignant  de Louisa Hassane
Originaire d’Ighil Ali à Béjaïa, Belkacemi Khaled, victime du lâche attentat de dimanche dernier, est né le 18 janvier 1957 à El Harrach. Il était marié et père de trois enfants. Il occupait le poste de professeur à la faculté des sciences de l’agriculture de l’université Laval de Québec. S’agissant de la deuxième victime, Abdelkrim Hassane, originaire d’Adekar à Béjaïa, elle est née le 20 mai 1975 à Alger. Le défunt travaillait comme programmateur informatique pour le compte du gouvernement québécois. Il résidait au Canada depuis 1985. Acceptant de parler à la presse, Louisa Hassane, sa veuve, dira, les larmes aux yeux, que « son mari était une personne pratiquante et allait souvent à la mosquée ». Avant d’ajouter que le jour de l’attentat, elle avait entendu les coups de feu depuis chez elle, vu qu’ils n’habitaient pas loin. Mais elle n’a pas eu l’idée que son mari serait parmi les victimes. Continuant son récit émouvant, la veuve dira : « C’est difficile, je n’arrive pas à croire que je ne vais plus revoir mon mari, le père de mes enfants. C’est terrible ! Perdre quelqu’un comme ça, une bonne personne. C’est quelqu’un qui travaillait, qui aimait ses enfants, qui était vivant et joyeux, honnête. Il aimait aider les gens, c’est quelqu’un que tout le monde aimait.» L’enterrement d’Abdelkrim Hassane a eu lieu après la prière du dohr à Staouéli, où habite une partie de sa famille. Khaled Belkacemi, lui aussi originaire de la wilaya de Béjaïa, a été inhumé à Mohammadia, dans la commune d’El Harrach, à l’est d’Alger.
Pour rappel, l’attaque contre le Centre culturel islamique de Québec avait fait 6 morts et 8 blessés. Une cinquantaine de personnes étaient présentes au moment du drame. Un suspect a été arrêté. Il s’agit d’un étudiant en sciences politiques à l’université Laval, proche de la mosquée, présenté par la presse québécoise comme un «activiste prônant des idées d’extrême-droite». Agé de 27 ans, l’auteur de la fusillade a été placé en garde à vue. Il est accusé de meurtres par préméditation.n