L’idée de faire baisser le prix de la viande rouge pendant le mois de Ramadhan, annoncée récemment par le ministre du Commerce Kamel Rezzig, a été très mal accueillie par les acteurs de la filière viande rouge qui en ont fait part au ministre. En effet, des éleveurs de 18 wilayas ont rencontré le ministre du Commerce et ont voulu, à cette occasion, en savoir un peu plus sur le mode opératoire que le ministre compte adopter pour faire baisser les prix sur les étals des bouchers. A l’issue de cette rencontre, le président du Conseil national interprofessionnel de la filière des viandes rouges (CNIFVR) Miloud Bouadis a confié à la presse : «Nous avons clairement soutenu au ministre du Commerce que le prix de la viande ovine ou bovine ne pourra baisser en dessous respectivement de 1 200 DA et 1 050 DA, car ce sont les prix de revient à la production de ces deux variétés de viande rouge. Le cas échéant les éleveurs subiront de lourdes pertes financières». Le ministre a pour sa part indiqué que son département allait organiser des réunions de concertations avec les différents intervenants et acteurs de la filière des viandes rouges, en vue d’arrêter «des prix raisonnables» à même de satisfaire les producteurs et les consommateurs, particulièrement pendant le prochain Ramadhan. Révélant dans ce sens que la première réunion de concertation est prévue le mardi 25 février.
Concernant l’annonce de 800 DA le kilogramme de viande rouge, qui serait pratiqué pendant le mois de Ramadhan, le ministre a tenu à faire savoir que « ce prix a été avancé par un représentant d’une organisation d’éleveurs et aucunement sur proposition du ministère du Commerce». Affirmant à ce titre que la mission du ministère «ne consiste pas à déterminer les prix», mais ses efforts portent à «trouver des solutions de régulation du marché et assurer la disponibilité des viandes rouges à des prix acceptables, par souci de préserver le pouvoir d’achat du consommateur». De son côté, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur Aïssa Bekka a précisé, en réponse à une question d’un confrère sur l’importation des viandes rouges, «le recours à l’importation ne se fera pas au détriment du produit national». Ajoutant que «l’importation des viandes ne se fera pas avant la réalisation d’une étude sur le volume de l’offre et de la demande et des modalités de convergence entre les deux dans le but d’assurer la disponibilité du produit national à des prix qui soient à la portée du citoyen». Et pour clore, le chargé du Commerce extérieur a soutenu : «L’importation n’interviendra que pour compléter les besoins du marché national et ne concurrencera pas le produit local.»
Notons que le président du Conseil national interprofessionnel (CNIFVR) a été interrogé si cette rencontre a débouché sur des résultats concrets en faveur de sa filière. Il s’est contenté d’indiquer que «la rencontre a permis d’expliquer plusieurs choses», faisant part en outre de la volonté du ministre de défendre les intérêts des éleveurs».
Soulignons que le ministre n’a pu échapper à la question relative à la problématique du lait en sachet subventionné. Il a révélé que son département a communiqué à la justice «les dépassements de certaines laiteries publiques et privées» dans l’usage de la poudre de lait. Faisant savoir également : «Les laiteries qui ne respectent les règles pourraient connaître une décision de fermeture. Des fermetures sans conséquences sur la disponibilité du lait puisque nous avons été récipiendaires de 92 dossiers de projets de réalisation de projet de laiteries qui attendent notre accord», a-t-il conclu. n