Tout un programme de promotion en faveur de la viande bovine européenne sur le marché algérien ! Hier, à Alger, s’est tenue une conférence de presse sur les opportunités d’affaires algéro-européennes dans la filière.

Le taux d’autosuffisance en viande bovine sur le marché local est de 55%, alors que le pays compte seulement 2 millions de têtes de bovins et 25 millions de têtes d’ovins, une quantité en deçà des besoins locaux. C’est la raison pour laquelle «l’Algérie représente, en effet, un gros potentiel en matière de viande bovine», analyse Emmanuel Bernard, vice-président export de la filière bovine en France. Celui-ci assure que l’UE est plus compétitive sur la viande fraîche que de nombreux pays, ce qui permet à l’Europe d’exporter 11 000 tonnes/an de viande fraîche vers l’Algérie, dont 2 000 à 3 000 tonnes issues de France, sur environ 68 000 tonnes d’importations algériennes de viande fraiche. Interrogé quant à la mise en place de licences d’importation pour la viande, il a indiqué que cela ne représenterait pas «en soi un problème». « Mais ce qui complique la démarche, ce sont les contraintes administratives comme celle qui exige de l’importateur algérien de déposer 125% du prix de la commande auprès de la Banque d’Algérie», explique celui qui est également éleveur de bovins en Bourgogne, dans le centre de la France. C’est dans ce contexte que la viande bovine européenne compte augmenter de 30% le niveau de ses exportations vers l’Algérie, «ceci avec un meilleur rapport qualité/prix, en mettant à profit la proximité géographique entre l’Europe et l’Algérie pour réduire les coûts», explique Marc Feunteun, le directeur export du groupe alimentaire français SVA. «La consommation de la viande fraîche devrait augmenter en Algérie. Si le consommateur élève son niveau qualitatif, on espère que des parts vont nous revenir», poursuit le représentant de SVA, qui se dit optimiste quant à la hausse de la part de consommation de viande fraiche en Algérie aux dépens de la viande congelée qui vient d’Inde ou du Brésil. «Le prix de la viande congelée pourrait augmenter beaucoup plus que celui de la viande fraîche du fait de paramètres mondiaux, dont le scandale JBS (scandale de corruption au sein d’une grande société brésilienne de transformation de viande, Ndlr). Des tensions sur le marché de la viande congelée sont à prévoir», affirme le représentant français. A noter que pour promouvoir la viande «made in Europe», une délégation d’opérateurs européens, provenant plus particulièrement de France, effectue depuis mardi une visite en Algérie afin d’explorer le marché national et discuter des opportunités d’affaires avec les professionnels algériens de la filière de la viande bovine. Pour rappel, l’Europe est le 3e  producteur mondial de viande bovine, avec 7,8 millions de tonnes produites en 2016. 20% de cette production proviennent de la France, premier producteur européen.