Le gouvernement rouvre les dossiers économiques et le chef de l’Etat annonce la révision du code du commerce. Objectif : simplifier la création d’entreprises et faire de l’Algérie un champ d’investissements attractifs. Il s’agit également d’introduire un système de prévention de nature à rendre possible le sauvetage des entreprises en difficulté, notamment publiques.

Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué, vendredi, à Alger, que l’amendement de la Constitution donnera lieu à une adaptation des lois aux exigences de la nouvelle étape, à commencer par la révision du Code de commerce pour simplifier les conditions de création des entreprises et introduire un système de prévention pour sauver les entreprises en difficulté.
C’est ce que l’on peut lire en tout cas dans son allocution lue en son nom par le Ministre conseiller à la Communication, Porte-parole officiel de la présidence de la République, Belaïd Mohand Oussaïd à l’ouverture d’un séminaire international des avocats sur la protection juridique et judiciaire de l’investissement. L’état dans lequel se trouvent les entreprises publiques ne cesse de revenir comme une prière dans les débats sur la gestion du patrimoine industriel de l’Etat. Les cas de l’aciérie d’El Hadjar, des entreprises de l’électronique et de l’électroménager ENIEM et ENIE, de la compagnie aérienne Air Algérie, de l’entreprise du transport maritime CNAN groupe… posent un réel problème de gestion, tant il est vrai que sans le concours financier de l’Etat, ces sociétés publiques auraient mis la clé sous le paillasson il y a de cela plusieurs années déjà. Il y a une semaine, ENIEM conditionnait sa survie par, en plus des crédits bancaires octroyés par la BEA et les lignes de crédit ouvertes aux fins d’importer les intrants, la validation par le gouvernement d’un plan de sauvetage introduit au niveau du CPE depuis maintenant plusieurs semaines. ENIE Sidi Bel Abbès a fait savoir également qu’elle était en quête de fonds complémentaires nécessaires à la concrétisation de son plan de développement. Cette quête de fonds revêt un caractère urgent, a laissé entendre la direction de l’entreprise, dans un communiqué posté la semaine dernière. Bien avant ces entreprises, d’autres « fleurons » industriels, à l’image de l’aciérie El Hadjar et la SNVI, survivaient grâce à l’apport de l’Etat en argent frais. D’autres entreprises, investies dans le secteur des services, à l’instar d’Air Algérie et du groupe CNAN, étaient sous perfusion financière permanente assurée par l’Etat propriétaire. Malgré tous les gages donnés par ces entreprises à chaque fois que leurs caisses sont renflouées par le Trésor public, les plans de développement à long terme n’ont jamais abouti, faisant ainsi du concours financier de l’Etat une condition sine qua non à leur survie. Il faut reconnaître que la gestion des entreprises publiques suscite un véritable embarras chez les dirigeants politiques, étant donné que cette question ouvre nécessairement des pistes sur les critères de nomination des gestionnaires, le piston qui devient la règle dans le pourvoi des postes clés au niveau de ces entreprises ainsi que dans le recrutement de la ressource humaine, sur la qualification des effectifs employés par ces entreprises… Autant de questions qui méritent d’être posées lorsque l’on parle des difficultés auxquelles sont confrontées les sociétés de l’Etat mais qui ne sont jamais posées faute de volonté politique à changer de fusil d’épaule. Ces difficultés ont été également alimentées par d’autres casse-têtes d’ordre juridique, dont la criminalisation de l’acte de gestion, une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des managers, et un code des marchés publics qui rend les entreprises publiques moins compétitives face à la concurrence. Pour ne citer que ces difficultés, il est ainsi peu probable que les gestionnaires des entreprises publiques puissent disposer d’une véritable marge de manœuvre susceptible de faire évoluer les choses au plan managérial. Il va sans dire que ces entreprises, en l’absence d’une véritable stratégie de développement sur le long terme, continueront à survivre grâce au concours financier quasi-permanent de l’Etat. La question de la viabilité économique des entreprises publiques est sérieusement posée.