Une cité du cinéma «géante», s’étendant sur près de 376 hectares, soit l’équivalant de 500 terrains de football, a été officiellement inaugurée, samedi, dans la ville balnéaire de Qingdao, dans l’est de la Chine. Ce projet gigantesque a été réalisé par le conglomérat «Wanda », un groupe chinois fondé en 1988, spécialisé dans le divertissement, l’immobilier, le cinéma et le sport.

L’objectif du groupe, dirigé par l’homme d’affaires Wang Jianlin, quatrième fortune de Chine selon Bloomberg, est de développer la production cinématographique chinoise mais surtout d’attirer les producteurs étrangers.
« Ce site va aider le cinéma chinois dans son développement et promouvoir sa marche vers l’international », a, en ce sens, fait savoir samedi le fondateur de « Wanda ». Le groupe ajoutant que la cité du cinéma de Qingdao sera la base de production la plus « attractive du monde », alors que Wang Luna, PDG de Juben Pictures, précise déjà que « l’ouverture de ce site est incontestablement positive pour le secteur. C’est une option supplémentaire pour les tournages ». Projet présenté comme «le plus grand investissement de l’histoire mondiale dans le secteur du cinéma et de la télévision », ayant nécessité, selon ses créateurs (cités hier par l’AFP), la modique somme de cinquante milliards de yuans (soit 6,5 milliards d’euros). Le groupe chinois, qui a déjà racheté, en 2012, la chaîne américaine de salles obscures AMC, puis encore, en 2016, le studio hollywoodien « Legendarye » (auteur des films « Jurassic World », « Interstellar », ou « Godzilla »), a, en en effet, vu les choses en grand.
Cette « cité orientale du cinéma », qui se pose comme un concurrent direct d’Hollywood, propose déjà aux cinéastes une trentaine de studios de production, dont « le plus grand du monde » s’étendant, à lui seul, sur 10 000 mètres carrés. Mais le nouveau studio chinois, qui annonce déjà le tournage, en 2019, du film « Le Dernier Loup 2 », la suite d’un film d’aventure franco-chinois réalisé par Jean-Jacques Annaud, propose également, outre des lieux de tournage et de post-production, une salle de spectacle, une école, un hôpital, des hôtels de luxe, ou encore un yacht club inspiré de celui de Monaco et un centre commercial géant de 360 000 m2, les investisseurs chinois – certainement prudents- visant ainsi à multiplier les sources de revenus en orientant également leur attention vers le grand public. En effet, la « délocalisation » d’une partie de la production cinématographique mondiale en Chine pouvait paraître risquée, d’autant que l’idée est évoquée depuis plusieurs années. Les précédentes initiatives, notamment les deux blockbusters sino-américains déjà tournés dans cette cité du cinéma de Qingdao, « La Grande Muraille » (2016, avec Matt Damon) et « Pacific Rim Uprising » (2018), n’ont pas réussi à convaincre le public bien qu’ils étaient rentables. En ce sens, la productrice française, Natacha Devillers, basée en Chine depuis une dizaine d’années, en pressant que « le défi sera maintenant d’attirer suffisamment de films par an pour pouvoir faire tourner l’opération », a par ailleurs expliqué à l’AFP, à propos de l’ambition du groupe chinois, « à l’origine, ces studios voulaient attirer les grosses productions hollywoodiennes.
Mais les Américains ont depuis compris qu’il est compliqué de tourner en Chine : difficultés de communication, méthodes de travail différentes et longueur du processus pour obtenir les autorisations de filmer ».