La cour de justice de Tipaza a confirmé hier les peines prononcées en première instance contre l’ex wali d’Alger, Abdelkader Zoukh. L’ancien responsable, poursuivi pour des faits liés à la corruption et au trafic d’influence au profit d’Abdelghani Hamel, Mahieddine Tahkout et Ali Haddad, s’est ainsi vu condamné dans ce «triple dossier» à des peines de deux fois 4 ans, et 5 ans, de prison ferme, alors que le parquet avait requis des peines de 10 à 15.

L’ancien wali placé en détention à l’issue du premier procès le 8 décembre dernier, est par ailleurs condamné à verser une amende d’un million de dinars dans chacune des trois affaires qui lui sont reprochées, en plus de 10 millions de dinars de compensations «pour les pertes subies par le Trésor public». Et la cour de justice de Tipaza a également confirmé contre Abdelkader Zoukh, l’interdiction d’occuper un poste de responsabilité au sein de l’Etat, et la suspension de son droit à se porter candidat à un poste politique durant 5 ans après l’expiration de la peine de prison.
Ancien responsable de premier plan, resté à la tête de la wilaya d’Alger durant près de 7 ans, entre 2013 et 2019, les charges retenues contre Abdelkader Zoukh ont pour rappel concerné la «dilapidation délibérée de deniers publics par un fonctionnaire», «l’utilisation illégale de biens et de deniers publics qui lui ont été confiés en vertu de sa fonction», et «l’abus de fonction et violation des lois et règlements dans le but d’obtention d’avantages pour un tiers». Les procès ont en ce sens mis en lumière les liens entretenus par l’ex-wali avec l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, notamment lors de l’octroi «injustifié» d’assiettes foncières dans le quartier de Bab Ezzouar pour la réalisation d’entrepôts, alors que ces zones étaient non-constructibles. Les mêmes procès ont également révélé que l’ex-wali avait outrepassé ses prérogatives lors de la passation d’un marché de location d’autobus auprès de Mahieddine Tahkout. Des faits aujourd’hui affirmés par la justice, mais que Abdelkader Zoukh a totalement réfutés au cours des audiences, expliquant notamment que les décisions qu’il avait prises lors de l’octroi des terrains étaient conformes à la loi et décidées «avec l’accord du ministère de l’Habitat et du secteur de l’Industrie».
Quant aux faits reprochés par la justice dans l’affaire qui lie l’ex wali d’Alger à l’ancien président du Forum des chefs entreprises Ali Haddad, ils concernent principalement des «interventions» en faveur de l’homme d’affaires dans le but de «bloquer» des dépôts de plaintes avait-t-on appris lors du procès en premières instance. L’Inspection générale des finances fait également état dans cette affaire impliquant l’ancien président du FCE d’infractions flagrantes à la Loi et aux dispositions légales réglementant les domaines de l’Etat, dans neuf dossiers d’investissement dans des projets «fictifs» non réalisés par Ali Haddad. Des infractions qui ont causé «d’énormes pertes» en termes de foncier agricole, industriel et touristique ainsi qu’au Trésor public. La justice révélant par ailleurs au cours du procès Abdelkader Zoukh que ce dernier avait également accordé «d’indus privilèges» à des membres de la famille de l’ex DGSN Abdelghani Hamel, entre autres un foncier d’investissement de 7.128 M2, dans la zone de Bab Ezzouar (Alger), en plus d’un logement social participatif à Ouled Fayet, ou encore neuf locaux commerciaux à Ouled Fayet à des tarifs largement et volontairement sous évalués.