Par Milina Kouaci
Comme à la veille de chaque rentrée scolaire, c’est la course des parents pour l’acquisition des manuels scolaires.
A deux semaines de la rentrée scolaire prévue le 21 septembre, l’équation ne semble pas résolue même si des parents d’élèves font part de leur «soulagement» en apprenant «une bonne nouvelle» de la part de l’Office national de publication scolaire (ONPS). Ce dernier a, en effet, procédé à l’ouverture de nouveaux points de vente du livre scolaire. Ce qui est théoriquement de nature à régler définitivement ce problème relatif à la disponibilité de ces supports essentiels dans l’accomplissement des programmes pédagogiques.
Or, c’est loin d’être résolu, selon des voix parmi les parents d’élèves, qui continuent à livrer une véritable course contre la montre pour pouvoir se procurer ces manuels avant la reprise des classes dont l’échéance avance à grandes enjambées. Autrement dit, les manuels scolaires continuent de constituer un véritable casse-tête pour les parents. Cependant, l’ouverture d’espaces pour la vente de ces supports par l’ONPS ne constitue pas moins une étape positive sur la voix de la solution d’un problème qui n’a pas lieu de se poser à chaque rentrée scolaire. Il convient de souligner que, jusque-là, les parents d’élèves avaient la hantise de ne pas pouvoir se procurer les manuels, notamment ceux du cycle primaire, les directeurs de ces établissements ayant décidé de boycotter leur vente.
Ayant connu par le passé des problèmes, le livre scolaire est déjà disponible dans plusieurs points de vente. Outre les établissements des trois cycles et les points de vente du Centre régional de distribution de document pédagogique (CRDDP), l’ONPS a agréé des librairies répondant à certaines conditions. Il s’agit de disposer d’un agrément et des documents administratifs, tel le registre de commerce, et d’accepter les prix de vente des livres et la marge de bénéfice fixée à 8%. Les prix sont ceux pratiqués dans les écoles et points de vente du CRDDP. L’ONPS a, également, conclu un accord avec la plateforme de e-commerce Jumia pour commercialiser le livre scolaire, et ce, dans le souci de réduire la pression sur les écoles et librairies. Le manuel scolaire est cédé dans tous les points de distribution et de vente au prix affiché sur la couverture et désigné dans le contrat avec les différents vendeurs, tandis que l’opération de livraison est fixée à 150 DA.
«La disponibilité des manuels scolaires et leur mise à la disposition des élèves en début d’année constituaient un défi pour les pouvoirs publics malgré les assurances du ministère de l’Education nationale sur leur disponibilité», rappelle Hamid Saadi, président de l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE). Ce manque de manuel scolaire oblige les parents de parcourir les marchés ou les librairies pour se procurer ces manuels, soulignant que parfois, des livres qui se faisaient rares dans les écoles, étaient disponibles chez des libraires. «Cette année, la donne a changé», dit d’un ton optimiste le président de l’UNPE. «Le ministère a diversifié et élargi le réseau de vente et imprimé en quantité suffisante les manuels scolaires», ajoute notre interlocuteur.
S’agissant des directeurs d’école primaire ayant boycotté la vente du livre scolaire, ils assureront toutefois la distribution aux élèves démunis, percevant une prime de 5 000 DA. «La vente du manuel scolaire n’est en aucun cas la responsabilité du directeur de l’école primaire», indique Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep). n