Les responsables de BP tentent d’arracher un accord préalable à leur transaction avec ENI, portant sur la cession des actifs de la compagnie britannique au groupe italien.

Par Hakim Ould Mohamed
C’est ce que l’on peut comprendre en tout cas de l’audience demandée par les responsables de British Petroleum au ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, au lendemain de l’annonce, par l’agence britannique Reuters, de négociations autour de la vente des actifs algériens de BP à ENI. Le communiqué diffusé, jeudi, par le ministère de l’Energie et des Mines ne souffle mot sur la transaction, encore moins sur la position algérienne, mais le timing choisi par les responsables de BP, dans leur audience demandée à Mohamed Arkab, n’est pas fortuit et suggère que BP tente d’éviter à ses pourparlers avec ENI le triste sort réservé, dans un passé récent, aux négociations Total-Anadarko.
En effet, dans un communiqué diffusé, jeudi, au lendemain de l’annonce, par Reuters, des négociations entre BP et ENI, le ministère de l’Energie et des Mines a indiqué que le ministre a reçu au siège du ministère une délégation de la compagnie pétrolière britannique British Petroleum (BP), à la demande de cette dernière. Le choix des mots n’est pas laissé au hasard, précisant que la délégation de BP a été reçue par le ministre à sa demande, suggérant que British Petroleum est en quête d’une autorisation préalable à la conclusion d’un accord avec ENI autour de ses actifs algériens. Le communiqué reste, néanmoins, muet sur la réaction algérienne quant à l’accord recherché par BP et ENI, mais laisse croire que Sonatrach et BP, partenaires historiques, ne comptent pas rompre de sitôt une vieille relation bâtie sur le principe de gagnant-gagnant. «Lors de cet entretien, les deux parties ont passé en revue les relations historiques de partenariat entre BP et le Groupe Sonatrach, notamment dans le domaine des hydrocarbures ainsi que les perspectives de collaboration entre les deux Groupes dans des projets à grande valeur ajoutée en Algérie», lit-on dans le communiqué rendu public par le ministère de l’Energie et des Mines qui soutient, dans la même foulée, que «les deux parties ont également abordé les futurs projets, en particulier ceux qui pourront être réalisés dans le domaine des énergies renouvelables et la transition énergétique».
Ainsi, les rédacteurs du communiqué semblent vouloir rester évasifs, n’effleurant aucunement le sujet de l’heure, probablement parce que la partie algérienne n’as pas encore tranché une question qui ressemble de près à la transaction Total-Anadarko contre laquelle les autorités algériennes ont opposé un niet catégorique. La semaine dernière, rappelons-le, l’agence britannique Reuters, qui a répercuté les propos d’une source de BP, a rapporté que les plus grandes majors européennes, BP et ENI, négociaient la possibilité que le groupe italien reprenne les actifs de BP en Algérie. Selon Reuters, les discussions portaient sur une cession pure et simple des actifs de BP en Algérie à l’italien ENI, avec une option permettant à la firme britannique de prendre des participations dans les actifs de ENI dans le monde. Les deux groupes examinaient également l’idée de créer une joint-venture en Algérie similaire au modèle angolais, rapporte Reuters, précisant que l’accord recherché se rapporte à la cession de la participation de BP de 45,89% dans l’usine de gaz naturel d’In Amenas et une participation de 33% dans l’usine à gaz d’In Salah.
La position algérienne sur cette transaction n’est pas encore connue, probablement parce qu’aucune information officielle n’a été donnée par les deux groupes concernés par les négociations. Sauf que cette rencontre avec Mohamed Arkab, suite à une demande d’audience faite par les responsables de BP, qui intervient au lendemain des informations fuitées par Reuters, n’est pas arrivée par hasard. <