Le chanteur kabyle Brahim Tayeb a animé, hier, une conférence de presse à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou, durant laquelle il est revenu en détail sur son dernier album « Sighed Itran-ik » (Allumes tes étoiles) et qui a été suivie par une vente-dédicace.

A cette occasion, Brahim Tayeb est revenu en détail sur son dernier album « Sighed Itran-ik » composé de 6 titres, édité aux éditions Music-Pro qui est d’après lui, une synthèse globale de sa carrière personnelle et artistique. « J’ai évoqué plusieurs thèmes liées à la vie et aux drames humains qui guettent l’Algérien. J’ai imploré le rêve, puisque la vie ne sert à rien sans rêver. J’ai aussi abordé, dira-t-il, les drames de la vie, en l’occurrence l’immigration clandestine (harraga), qui prend des proportions très inquiétantes au sein de la frange juvénile. J’ai évoqué aussi ma sensibilité et mes émotions sur plusieurs sujets liés à l’amour, au pays, mais aussi de la quête de soi et la remise en cause de soi », a-t-il révélé devant une assistance composée de ses fans. Brahim Tayeb a donné des explications sur le changement du style musical choisi dans ce dernier album qui est différent par rapport aux précédents. Le chanteur a tenu à dire qu’il est impossible de rester dans le même style musical et le changement, notamment avec la venue des nouvelles technologies de l’information et de la communication, est la seule constance.
Quant à la durée de ses chansons, qui sont souvent « longues », à citer la fameuse « Intas » (dites-lui) ou bien celle interprétée dans ce nouvel album, de 18mn, en duo avec Hassiba Amrouche, le même conférencier a affirmé que les chanteurs doivent donner de l’importance à la musique et au son pour transférer au public les émotions et la phase d’effervescence de la chanson. « Il faut emporter le public en donnant de l’importance à la musique au lieu de se focaliser seulement sur les paroles ». Avant d’ajouter : « Auparavant, ce sont les producteurs qui nous imposaient la limitation du temps musical, mais aujourd’hui, avec le support CD, nous avons plus de liberté de la durée de la chanson. »
Abordant le choix d’interprétation des duos avec les voix féminines, notamment Hassiba Amrouche et Fella Assirem, Brahim Tayeb a révélé que ce choix a été fait pour une simple raison que ces femmes sont des voix « légendaires » pour la chanson kabyle. Il a précisé que le travail a été bien ficelé pour la préparation de cet album, que ce soit dans l’aspect compositionnel, le choix musical, l’enregistrement et même de la pochette du CD qui est originale. «J’ai veillé rigoureusement sur le moindre détail du travail de cet album », a-t-il insisté. Pour cela, il a appelé les éditeurs de veiller sur la création musicale originale. Interrogé sur une éventuelle tournée nationale ou internationale, Brahim Tayeb a indiqué qu’il n’a pas reçu d’invitation à cet effet, mais il est prêt à rencontrer son public. « Plus les espaces sont petits, plus on se rapproche de notre public », a-t-il conclu.